Best Buy restera coté en Bourse pour poursuivre son redressement

le 21/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le distributeur américain, qui a rompu les négociations avec son fondateur en vue d’un LBO, a nommé Hubert Joly comme nouveau directeur général

Best Buy restera vraisemblablement coté en Bourse pour poursuivre sa stratégie de redressement. Le conseil d’administration du distributeur américain de produits électroniques a mis fin dimanche aux discussions engagées avec son fondateur et principal actionnaire Richard Schulze, en vue d’un rachat par effet de levier (LBO). Le groupe a ensuite annoncé hier la nomination à partir de septembre d’Hubert Joly comme directeur général. Il remplacera Mike Mikan qui assurait l’intérim depuis trois mois. Après avoir travaillé chez McKinsey et Vivendi, Hubert Joly était depuis 2008 directeur général du groupe hôtelier Carlson.

Président de Best Buy jusqu’en mai dernier, Richard Schulze, à la tête de 20% du capital, s’est dit «déçu et surpris» par l'arrêt brutal de ces discussions, alors qu’il espérait un prochain accord sur l’ouverture des livres de comptes, indispensable au processus de due diligence. Il avait la semaine dernière indiqué vouloir s’associer avec des fonds d’investissement pour racheter le groupe en proposant entre 24 et 26 dollars par action, ce qui aurait valorisé sa cible jusqu’à 8,8 milliards de dollars (7,2 milliards d’euros), 38% au-dessus du niveau actuel.

Le groupe avait d’abord demandé à Richard Schulze qu’il s’abstienne de toute initiative auprès des actionnaires «au cours des 18 prochains mois», un délai jugé inacceptable par celui-ci au motif que le distributeur avait besoin «de changements urgents». Best Buy considère avoir fait preuve d’une «grande flexibilité» en acceptant ensuite qu’il leur soumette une offre à partir de janvier 2013. Il estime que la proposition faite à son ex-président lui aurait permis de déroger à une disposition de la loi du Minnesota lui interdisant de faire appel à des fonds de capital-investissement, rendant possible la mise en place d’une offre entièrement financée dans les 60 jours.

En perte nette sur l’exercice écoulé, le groupe doit publier aujourd’hui ses résultats trimestriels à fin juillet. Il a lancé en mars dernier un plan de réduction de coûts de 800 millions de dollars prévoyant la fermeture de magasins à grande surface aux Etats-Unis et l'ouverture de magasins de plus petite taille. Alors que Richard Schulze a laissé la porte ouverte à une reprise des discussions, le recrutement d’Hubert Joly «permettra de mettre légalement en œuvre des mesures anti-OPA plus importantes en cas de besoin», juge Erik Gordon, professeur à l’université du Michigan.

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