Le canadien Agrium se retrouve pris dans les griffes du fonds activiste Jana Capital

le 16/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après avoir poussé plusieurs groupes à la scission, comme McGraw-Hill, le fonds réclame une séparation des activités du groupe d'engrais

Après McGraw-Hill, Marathon Petroleum ou bien encore El Paso, Jana Capital a jeté son dévolu sur le canadien Agrium, premier distributeur d’engrais ou de fertilisants agricoles aux Etats-Unis. Et, comme pour ses précédentes cibles, le fonds activiste réclame une scission du groupe, entre ses activités en gros et sa branche de distribution. Cette dernière assure 63% du chiffre d’affaires annuel d’Agrium, mais seulement un quart de son excédent brut d’exploitation. Pour appuyer ses demandes, Jana Capital a acquis 6,5 millions d’actions, soit environ 5% du capital d’Agrium. Aux cours actuels de la société canadienne, qui capitalise 15 milliards de dollars, l’investissement est estimé à 750 millions de dollars.

Les revendications de Jana Capital sont prises au sérieux par la direction d’Agrium. Quelques heures après que le fonds eut révélé sa position au capital, Michael Wilson, le président du groupe canadien, s’est fendu d’un communiqué pour affirmer qu’après avoir étudié «attentivement l’idée d’une scission de la division distribution» le conseil d’administration a «unanimement jugé que c’était contraire aux meilleurs intérêts de la société et de ses actionnaires». Michael Wilson, qui dit entretenir des «relations étroites avec les actionnaires et prendre en considération leur point de vue», assure que «la grande majorité d’entre eux comprend et appuie notre stratégie», à l’origine d’une hausse de 40% du cours de l’action depuis le début de l’année.

Aussi affirmatives soient-elles, ces paroles permettront-elles à Agrium d’échapper aux griffes de Jana Capital? Dirigé par Barry Rosenstein, le fonds dispose d’environ 3 milliards de dollars d’actifs et vient de sortir du capital de Marathon Petroleum après avoir obtenu la réorganisation du groupe d’énergie américain qu’il réclamait avec à la clé une plus-value estimée à plusieurs centaines de millions de dollars. Jana Capital, malgré les réticences initiales de la direction, avait également poussé McGraw-Hill, la maison mère de S&P, à se désengager de l’édition scolaire pour se concentrer sur les services financiers. Il a aussi contribué à la modification du périmètre d’El Paso.

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