Le plan de soutien à l'automobile ne convainc pas

le 26/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement mise sur les véhicules propres, alors qu’une baisse du coût travail est demandée

Une usine Peugeot en Russie (Photo Alexander Zem-Bloomberg)

Pour soutenir la filière automobile française, le gouvernement se focalise sur les «véhicules écologiques populaires». La mesure phare du plan dévoilé hier par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Michel Sapin, ministre du Travail, consiste à relever les bonus maximums pour l’achat de véhicules propres: de 5.000 à 7.000 euros pour les voitures électriques, de 2.000 à 4.000 euros pour les véhicules hybrides, et une augmentation de 100 à 150 euros pour les véhicules thermiques faiblement polluants.

Bénéficiant aussi de cet avantage, l’Etat donnera l’exemple: au moins une voiture sur quatre achetée devra être électrique ou hybride, soit 11.000 véhicules par an. Les collectivités territoriales et les entreprises publiques sont invitées à adopter la même démarche, mais rien ne leur est imposé.

Rien que pour 2013 «le coût total des bonus attendu est de 490 millions d’euros», estime Arnaud Montebourg, tout en assurant que «la grande majorité» sera financée par «une augmentation significative des malus, qui sera discutée dans le cadre de la loi de finances».

Une mesure qui n’a pas vraiment convaincu, hormis les deux principaux bénéficiaires, Renault et PSA. «Ce n’est pas comme ça que l’on va sauver l’automobile française», s’insurge un analyste. D’une part, moins de 1% des voitures immatriculées en France étaient hybrides au premier trimestre. D’autre part, les mesures annoncées profiteront également à certains véhicules produits à l’étranger, en particulier les voitures électriques Peugeot et Citroën. Renault assure quant à lui que 80% de ses véhicules électriques vendus dans le monde seront produits en France en 2015.

«Le gouvernement fait l’impasse sur la compétitivité et l’impasse sur la baisse du travail», fustige l’ancienne ministre Valérie Pécresse. «Le vrai problème de l'industrie automobile est le coût du travail», ajoute Guillaume Cairou, président du Club des Entrepreneurs. Un avis que ne partage pas Arnaud Montebourg déclarant: «Tous les constructeurs français, quels qu'ils soient, répètent [...] qu'en vérité le coût du travail concerne 8 à 15% du prix de revient d'une voiture.»

Deuxième axe majeur de ce plan très attendu: le soutien de la chaîne de sous-traitance et des réseaux de distribution, en particulier les PME, via Oseo. Ce dernier mobilisera 150 millions d’euros, via ses garanties de concours bancaires, pour le financement de la trésorerie, tandis que 270 millions d’aides diverses pourront être sollicitées. Quant au Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), il pourra investir 260 millions dans les projets de développement des PME du secteur. En outre 350 millions du programme «investissements d’avenir» seront consacrés à la R&D, tandis que le crédit impôt recherche sera maintenu et rendu plus accessible pour les PME.

Au total, le ministre du Redressement productif a chiffré les dépenses nouvelles pour l’Etat à 175 millions d’euros: 120 millions d’aide à la réindustrialisation pour les PME maintenant ou créant de l’emploi, 50 millions de subventions pour des actions de performance de la filière, et 5 millions dus à l’augmentation du nombre de voitures électriques dans le parc automobile de l’Etat.

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