Les offres publiques ont repris en 2011, mais restent faibles en montant

le 20/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur 53 opérations, les cinq plus importantes ont pesé 6,6 milliards d’euros, soit 86% de l’ensemble, constate le baromètre Ricol Lasteyrie

Contre toute attente, 53 offres publiques ont été recensées en France en 2011, contre 27 en 2010 et en 2009, se félicite Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante de Ricol Lasteyrie, à l’occasion de la présentation de la troisième édition de l’Observatoire des offres publiques. Mais cela démarre un peu mollement cette année. A la fin de l’été 2011, plusieurs opérations étaient dans les tuyaux, qui faisaient sens industriellement, mais elles ont été gelées sine die, notamment en raison des possibles risques de financement». Les fonds américains continueront-il à faire leurs emplettes sur le marché français? L’an dernier, ils se sont particulièrement intéressés aux pépites technologiques: Francisco Partners a acquis Emailvision et eFront, Carlyle a repris Metrologic Groupe, et Thoma Bravo a mis la main sur Infovista.

En 2011, le montant des opérations (principalement des offres publique d'acaht - OPA - des OPA simplifiées, des offres publiques de retrait obligatoire, et des offres publiques de rachat d’actions - OPRA) a septuplé en un an à 7,7 milliards d’euros. Toutefois, ce chiffre doit être relativisé. Les cinq plus grandes opérations de l’an dernier (rachat de Rhodia par Solvay, d’EDF EN par EDF, de Seloger.com par Axel Springer, de Modelabs par Bigben, et l’OPRA de Bouygues) ont totalisé près de 86% du montant global. Les 48 autres opérations étaient donc en moyenne inférieures à 23 millions!

A la différence des deux dernières années, les offres émanent majoritairement (54%) de tiers à l’entreprise, et non de l’entreprise elle-même ou de ses actionnaires de référence. Et comme en 2010, seules deux opérations sont qualifiées d’hostiles (Seloger.com et Foncière Paris France).

La prime moyenne offerte aux détenteurs d’actions ressort à 31% par rapport au dernier cours de Bourse (35% pour le cours moyen des 12 derniers mois), à 17% par rapport à la valeur intrinsèque calculée par les banques conseils des acheteurs, mais à moins de 10% par rapport à la valeur intrinsèque évaluée par les experts indépendants. «Cet écart reflète la faiblesse des valorisations boursières, surtout au cours de la seconde partie de l’année», souligne Sonia Bonnet-Bernard. La prime définie par l’expert indépendant reste faible par rapport aux 13% de 2010, et à une fourchette moyenne habituelle de 15 à 20%. Toutefois, «les experts indépendants de la Place parviennent à faire barrage à des offres trop basses», conclut Sonia Bonnet-Bernard.

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