Areva aura besoin de financements complémentaires pour passer la crise

le 14/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe exclut toute augmentation de capital mais confirme vouloir ouvrir le tour de table de sa filiale minière

Areva n’a pas besoin d’augmenter son capital. Luc Oursel, le président du directoire du groupe de nucléaire, l’a affirmé hier matin, lors de la présentation du plan d’action stratégique 2012-2016. Pour autant, la direction d’Areva «n'exclut pas un recours limité à des financements externes» tant la situation financière de la société reste tendue. En 2011, le groupe prévoit de consommer 2,9 milliards de cash-flow (en tenant compte du rachat à Siemens de la part dans Areva NP) et encore 1,5 milliard d’euros en 2012, avant un retour à l’équilibre en 2013. Areva aura donc essuyé sept années consécutives de cash-flow négatif et brûlé près de 9 milliards d’euros de trésorerie sur cette période !

S’il exclut toute nouvelle levée de fonds pour la maison-mère, après les 900 millions d’euros injectés fin 2010 par l’Etat français et le fonds souverain du Koweit, Kia, dans des conditions déjà compliquées, Luc Oursel évoque une possible ouverture du capital de certains actifs ou filiales du groupe. Le président du directoire confirme ainsi la volonté d’Areva de faire entrer de façon minoritaire un ou plusieurs partenaires, industriels ou financiers, au tour de table de la division minière qui vient tout juste d’être filialisée. Mais selon le président, «ce n'est pas un sujet actif, rien n'a commencé dans les discussions avec les partenaires éventuels».

La dépréciation de 1,88 milliard d’euros en deux ans des trois actifs miniers d’UraMin tombe mal et risque de ralentir l’évolution de ce dossier. En attendant, et pour trouver les fonds nécessaires aux financements de ses investissements (7,7 milliards cumulés sur la période 2012-2016), Areva va hâter ses cessions d’actifs, avec en première ligne la vente au FSI du bloc de 26% au capital d’Eramet. «Nous ne sacrifierons pas les conditions de vente à la vitesse», a toutefois précisé Luc Oursel.

Les agences de notation n’ont pas encore réagi à l’annonce du plan stratégique d’Areva. Mais S&P avait prévenu cet été d’une possible dégradation dans les douze mois de sa note BBB+ si l’excédent brut d’exploitation du groupe ne repassait pas substantiellement au-dessus d’un milliard d’euros. Or, il sera de l’ordre de 890 millions d’euros cette année, et ne devrait pas franchir la barre du milliard avant 2013. De même, l’agence attendait un ratio cash-flow opérationnel (fund from operations) sur dette de 20% en 2012. Ce niveau ne devrait pas être atteint avant 2013.

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