CMA CGM se rapproche du numéro deux mondial MSC pour affronter le gros temps

le 02/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux transporteurs mettent en commun des navires et certaines liaisons pour réduire leurs charges. CMA CGM a perdu 223 millions au troisième trimestre

CMA CGM aime les affaires de famille. Après avoir accueilli à son tour de table le groupe turc Yildirim fin 2010, le groupe dirigé par Jacques Saadé s’associe avec l’italo-suisse MSC, détenu par la famille Aponte. «Non cotées, les deux sociétés, qui ont déjà collaboré sur certaines liaisons, se ressemblent, avec un président fondateur de chaque côté et leurs fils respectifs, Rodolphe Saadé et Diego Aponte, aux commandes», explique une source proche du groupe français. A l’heure où le marché mondial du transport maritime bascule de nouveau dans le rouge, le rapprochement entre le numéro deux, MSC, et le numéro trois, CMA CGM, semble donc naturel.

S’il est destiné à durer plusieurs années, l’accord ne prévoit aucune participation croisée au capital. Il s’agit simplement de mettre en commun des outils navals, de partager des navires ou l’exploitation de certaines liaisons maritimes (Asie-Europe du Nord, Asie-Afrique du sud, Amérique du Sud). Objectif: réduire les coûts d’exploitation. Les synergies ne sont pas chiffrées par les deux transporteurs mais CMA CGM précise qu’elles s’ajouteront à son plan de 400 millions de dollars d’économies annuelles.

La collaboration avec MSC doit permettre à CMA CGM de mieux résister à la chute du marché. Au troisième trimestre, les volumes transportés par le groupe ont progressé de 10%, mais son chiffre d’affaires n’a augmenté que de 2,8%, signe de la pression forte sur les tarifs, principalement à destination et au départ de l’Europe. Surtout, CMA CGM a perdu 223,8 millions d’euros nets au troisième trimestre et a consommé 1 milliard de dollars de trésorerie. Celle-ci est retombée à 763 millions d’euros.

Après neuf mois d’exercice, CMA CGM affiche toujours 13,2 millions de dollars de bénéfice net mais il finira l’année en perte. Le premier semestre 2012 devrait également être négatif avant «un retournement courant 2012», espère le transporteur. Conséquence, le groupe menaçait de ne pas respecter deux des cinq clauses attachées à sa dette (L’Agefi Quotidien du 16 novembre 2011). «CMA CGM a conclu avec ses banques l’accord lui permettant de ne pas avoir à tester ses deux covenants en début d’année prochaine», a indiqué à L’Agefi une source proche du dossier. Les clauses de ce «waiver fee» ne sont pas connues. Une solution de court terme qui n’exclut pas une réflexion plus prononcée sur la dette du groupe (5,3 milliards de dollars à fin juin) et les capacités d’investissement du transporteur.

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