Le prix de la Saur empoisonne les relations entre Séché Environnement et le FSI

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de recyclage et son actionnaire divergent sur la valeur de l'option qui permettrait à Séché de prendre la majorité du numéro trois français de l'eau

Il y a de l'eau dans le gaz entre Séché Environnement et le Fonds stratégique d’investissement (FSI), son premier actionnaire institutionnel. A l'origine du conflit, le contrôle de la Saur, numéro trois français de l’eau derrière Suez et Veolia, dont le FSI et Séché sont les deux principaux actionnaires avec respectivement 38% et 33%. Un sujet sensible qui aurait valu à Jean-Yves Gilet, le directeur général du FSI, de se faire sermonner par L'Elysée, selon Les Echos.

Au cœur du bras de fer: l'option qui permettrait à Séché d’augmenter de 18% sa participation au capital de Hime, holding de tête de la Saur, pour atteindre la majorité. Cette option, octroyée en 2008 par la Caisse des dépôts avant que la participation ne soit transférée au FSI, court jusqu’au 26 mai 2012. Son prix est fixé: 130 millions d’euros majorés d’un montant assurant un taux de rendement de 8% au FSI, soit environ 177 millions d’euros en 2012. Ce prix confère une valeur de fonds propres de 983 millions d’euros à la Saur. Avec la dette de Hime (1,4 milliard), la valeur d’entreprise atteindrait 2,38 milliards, soit plus de 12 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2011.

Pour la direction de Séché, ce multiple est totalement déconnecté des valorisations actuelles du secteur (8 fois par exemple pour Suez Environnement). «L’exercice de l’option dans les conditions de prix actuelles serait destructeur de valeur. Mais afin de refinancer dans de meilleures conditions la dette de Hime en 2014, Séché doit améliorer l’Ebitda de la Saur en développant les synergies avec ses activités dans les déchets», explique Nicolas Royot, analyste chez Portzamparc. Ce que permettrait l'atteinte de la majorité. Peu convaincu par ces synergies, le comité exécutif de la Saur serait opposé à un rachat par Séché, selon un courrier révélé par Reuters.

Séché négocie donc depuis des mois une baisse du prix avec les autres actionnaires de la Saur, le FSI, Axa PE et le fonds Cube. Mais le FSI n'est pas disposé à renoncer à la valeur de son option alors que sa ligne Séché est en moins-value. La CDC, qui détenait 5,6%, a acheté 8,47% supplémentaires en septembre 2006 à 110 euros par action. Puis, elle est montée à 20% début 2007 en exerçant des bons de souscription d’actions, alors que le cours de Séché était tout proche de son plus haut historique à 148 euros. Hier soir, l’action Séché valait 27,92 euros.

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