Les groupes d’annuaires en Europe ont du mal à restructurer leur dette

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’italien Seat PG doit différer le paiement d’un coupon obligataire, alors que le britannique Yell a dû amender les termes de sa dette bancaire

La détérioration de l’environnement économique en Europe ne facilite pas la restructuration financière des groupes d’annuaires professionnels lourdement endettés. L’italien Seat Pagine Gialle, dont l’endettement net s’élevait à 2,7 milliards d’euros fin octobre, a dû repousser du 28 novembre au 14 décembre la date limite d’acceptation de sa restructuration financière par les représentants de ses créanciers obligataires seniors, malgré une «évaluation préliminaire positive» des propositions du groupe.

En l’absence d’accord formel, le conseil d’administration a en outre jugé que les conditions n’étaient pas remplies pour le paiement d’un coupon de 52 millions d’euros, exigible le 31 octobre, sur 1,3 milliard d’euros d’obligations subordonnées dite «Lighthouse»; ce coupon sera donc versé mi-décembre. Ce contretemps intervient malgré 75% de signatures favorables de la part des porteurs Lighthouse concernant le projet de restructuration financière.

En revanche, un accord a été trouvé entre les créanciers obligataires et les actionnaires actuels (constitués de fonds d’investissements et de private equity) sur la répartition du capital post-conversion de la dette Lighthouse, qui confère aux porteurs de ces titres 90% du capital. Un autre actionnaire de référence, qui appartient à CVC Capital, a donné son accord de principe sur cette répartition «à certaines conditions» qui seront examinées ultérieurement par le conseil d’administration.

De son côté Yell, l’annuaire des «Pages Jaunes» britanniques, dont la dette nette était de 2,6 milliards de livres (3 milliards d’euros) à fin septembre, s’est finalement entendu avec ses créanciers bancaires pour alléger les covenants liés à ses facilités de crédit. Sa marge de manœuvre sur le ratio de dette nette sur Ebitda passera de 11% actuellement à 20% pour les trimestres à venir. Le ratio de 4,6 fois précédemment convenu à l’horizon du 31 mars 2013 sera donc désormais fixé à 5,75 fois. Si le ratio est supérieur à cette échéance, le groupe devra payer à ses banques «une commission supplémentaire de 2%».

Par ailleurs le montant de la facilité de crédit revolving sera diminué, passant de 173 millions de livres actuellement à seulement 30 millions. Il pourra enfin racheter jusqu’à 159,5 millions de livres de dette contre 108,4 millions auparavant.

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