Les fonds de capital-investissement mènent la danse autour de Yahoo

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Silver Lake ou TPG entreraient au capital comme minoritaires, tandis que Thomas H. Lee Partners envisage le rachat des activités américaines

Home du site Yahoo.fr Photo: PHB/Agefi

La revue stratégique engagée mi-septembre par Yahoo après l’éviction de sa directrice générale Carol Bartz devrait bientôt toucher à sa fin, levant ainsi le voile sur l’évolution de la structure capitalistique du géant de l’internet. Selon des sources proches du dossier, le groupe américain a reçu d’un groupe d’investisseurs conduit par le fonds de capital-investissement Silver Lake une offre à 16,6 dollars par titre pour une prise de participation minoritaire comprise entre 10 et 15% du capital.

L’offre valoriserait Yahoo 20,6 milliards de dollars, soit 5% au-dessus de sa capitalisation boursière hier à la clôture des Bourses européennes. Elle serait menée avec l’aide de Microsoft, qui avait tenté en vain de prendre le contrôle de Yahoo voici trois ans. Le groupe informatique souhaite en effet préserver l’accord de partenariat à long terme signé à l’été 2009 avec Yahoo dans la recherche en ligne, dont l’objectif principal est de concurrencer plus efficacement Google. Le fonds californien de capital-risque Andreessen Horowitz ferait partie de ce tour de table.

«Cette offre est décevante», commente Hamilton Faber, analyste chez Atlantic Equities à Londres, en estimant que les investisseurs «espéraient une prime significative et une reprise de l’ensemble du groupe, ce qui n’est pas le cas». TPG Capital aurait présenté une proposition plus élevée pour un niveau de participation similaire, KKR et Blackstone étant également intéressés. Alibaba reste à l’affût, dans la mesure où cela lui permettrait de racheter à Yahoo, son premier actionnaire, la participation de 40% que celui-ci détient dans son capital.

Plus ambitieux, Thomas H. Lee Partners, autre groupe de private equity, envisagerait de racheter les activités américaines de Yahoo à travers un LBO, pour un montant de 5 à 6 milliards de dollars. Possédant des participations dans d’autres entreprises de médias (Nielsen, Clear Channel, Univison), il mise sur son expérience du secteur pour redresser le groupe de Sunnyvale.

Le conseil d’administration de Yahoo devrait se réunir sans tarder pour examiner les différentes offres, afin de sceller un accord avec l’une des parties avant la fin de l’année, selon le Wall Street Journal. Si aucune option n’est encore arrêtée, l’arrivée d’un investisseur contrôlant moins de 20% du capital lui éviterait d’avoir à solliciter ses actionnaires pour approuver l’opération.

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