American Airlines confie sa restructuration sociale à la justice

le 30/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Engagées depuis 2006, les négociations avec le personnel étaient dans l'impasse. La compagnie estime ses charges excédentaires à 800 millions de dollars

American Airlines s’est résignée à se placer sous la protection du «Chapter 11», la loi américaine sur les faillites. Incapable de trouver un accord social avec les syndicats de pilotes et de personnels navigants, la compagnie aérienne espère que la procédure permettra de faire aboutir un dossier ouvert en… 2006. Avec un objectif: réduire des charges d’exploitation que la direction du groupe juge 800 millions de dollars plus élevées que celles de ses deux principaux concurrents dans le ciel américain, United Airlines et Delta Airlines. American Airlines est conseillée par Rothschild pour la partie financière et par le cabinet d’avocats Weil Gotschal & Manges. Le dépôt de bilan est accompagné par un changement de direction, Thomas Horton devenant PDG de la compagnie à la place de Gerard Arpey, parti à la retraite.

Dans l’impasse, malgré une dernière série de négociations mi-novembre, l’accord social menaçait la solidité financière de la troisième compagnie aérienne américaine, la seule à ne pas s’être placée sous la protection du «Chapter11» après les attentats du 11 septembre 2001 et la crise aérienne qui suivit. En 2003, les syndicats avaient accepté 1,6 milliard de dollars de concessions salariales pour éviter la mise en faillite. Depuis 2006, ils demandent une compensation.

Avant le dépôt de son dossier devant un tribunal de New York, American Airlines disposait d'une trésorerie de 4,1 milliards. Elle assure que ce montant lui permettra de poursuivre son activité sans encombres. Mais ses réserves risquaient de fondre au passage de la saison d’hiver et des charges financières, avait récemment prévenu S&P en rétrogradant la note de la compagnie à CCC+, contre B- auparavant, prévoyant un problème de liquidités dans les douze mois.

American Airlines a accumulé plus de 4 milliards de dollars de pertes nettes en trois ans, et a consacré au cours des derniers exercices plus de 2 milliards de dollars à payer les retraites de son personnel. Son dépôt de bilan doit lui permettre de remettre à plat ces charges et de renégocier en parallèle sa dette qui culmine à 29,5 milliards de dollars pour 24,7 milliards d’actifs. Au regard des exemples Delta ou United Airlines, la procédure pourrait durer deux ou trois ans. Elle pourrait également relancer la consolidation du ciel aérien. Hier, l’action AMR, le holding de tête de la compagnie, s’est effondrée de 80,86% à 0,31 dollars.

A lire aussi