Lafarge durcit sa cure de rigueur face à l'inflation continue de ses coûts

le 07/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le cimentier a rassuré le marché en lançant un nouveau programme d'économies de 500 millions d’euros

Cela faisait un moment» que Lafarge n’avait pas publié des résultats supérieurs aux attentes, ont salué les analystes de Cheuvreux. Sur fond de croissance soutenue des volumes dans les marchés émergents, le numéro un mondial du ciment a fait part vendredi d’une croissance de 1% (+6% en organique) de son chiffre d’affaires à 4,21 milliards d’euros au troisième trimestre, pour un résultat net en repli de 10% à 336 millions. Face à une «forte inflation des coûts» (qui certes «devrait ralentir en 2012»), la marge opérationnelle a ainsi abandonné 2,1 points sur le trimestre écoulé à 17,8%.

Jeudi déjà, le concurrent allemand HeidelbergerCement avait fait part de résultats trimestriels supérieurs aux attentes grâce au dynamisme de marchés comme l’Indonésie. Le directeur général Bernd Scheifele n’avait pas manqué de se féliciter, comme Lafarge le lendemain, de la diversification mondiale des ventes, qui à ses yeux a permis au groupe de maintenir son résultat opérationnel «en dépit d’une hausse sensible des coûts de l’énergie et des matières premières».

Mais Lafarge reste peu disert sur ses perspectives. Le groupe «maintient une estimation de croissance de ses marchés comprise entre 2 et 5%» en 2011. «Globalement, les prix devraient rester stables ou en légère hausse sur l'année, dans un contexte d'inflation des coûts accrue» estime le cimentier. «Nous abordons l’année 2012 avec prudence», a reconnu le PDG Bruno Lafont, qui n’«anticip(e) pas pour l’instant de reprise significative» dans les pays développés.

Le dirigeant entend dès lors rester «proactif», comme en témoigne l’annonce d’un nouveau programme d’économies de 500 millions d’euros, essentiellement prévues l’an prochain, en complément des 200 millions de baisse des coûts structurels prévus en 2011. Kepler pourtant juge «discutable» ce plan, le chiffre, qui englobe des hausses de tarifs, «semblant avoir été choisi pour impressionner et rassurer». Les observateurs se montrent en effet très attentifs au sujet de la dette nette du groupe, de 14,26 milliards d’euros à fin septembre, en repli de 3% sur un an. Après la finalisation annoncée vendredi de la cession de l’activité plâtre européen et sud-américain pour 850 millions (Lafarge a d’ores et déjà sécurisé 2 milliards de désinvestissements en 2011), le groupe entend poursuivre la réduction de voilure et limiter les investissements à un milliard en 2012.

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