Alcatel-Lucent pourrait être rattrapé dès 2013 par ses échéances de dette

le 07/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’équipementier télécoms, dont la structure de bilan s’est détériorée à fin septembre, abandonne son objectif de cash-flow libre positif pour 2011

En abaissant d’un point à 4% sa prévision de marge d’exploitation ajustée pour l’ensemble de l’exercice 2011, Alcatel-Lucent voit s’éloigner son objectif de redevenir une «entreprise normale» dans la dernière ligne droite de son plan de transformation triennal. Malgré un bénéfice net trimestriel à fin septembre multiplié par huit, à 194 millions d’euros, l’équipementier télécoms constate une prudence accrue dans les investissements des opérateurs en Europe. Cette tendance qui va continuer à peser sur le chiffre d’affaires rend caduque son ambition de générer un cash-flow libre positif cette année. Le groupe devrait au contraire terminer l’exercice avec un flux net de trésorerie négatif d’environ 800 millions d’euros, un niveau similaire à celui de 2010.

Si Alcatel-Lucent compte sur des économies supplémentaires de 500 millions et une meilleure gestion des stocks pour générer un cash-flow libre positif en 2012, rien n’est moins sûr avec un marché global des équipements télécoms qui pourrait reculer de 5%, selon plusieurs bureaux d’analyse. «Une marge d’exploitation supérieure à 5% et une légère croissance du chiffre d’affaires sont nécessaires pour assurer la viabilité du groupe à moyen terme dans son périmètre actuel et sans financement externe», ont d’ailleurs calculé les analystes d’Exane BNP Paribas.

La dette nette du groupe affiche une hausse séquentielle de 65% à 620 millions d’euros au 30 septembre. Si la cession de Genesys pour 1,1 milliard d’euros, effective début 2012, permettrait d’éponger un cash-flow négatif l’an prochain, la situation de liquidité du groupe pourrait être problématique ensuite, puisque 43% de la dette financière brute totalisant 4,5 milliards à fin septembre est remboursable entre 2013 et 2015. De plus, sur une trésorerie brute de 3,75 milliards d’euros au bilan, 900 millions sont logés au sein d’Alcatel Shanghai et donc soumis à des restrictions de change.

Cette dégradation de la structure de bilan est d’autant plus préoccupante que le groupe fera face à partir de 2013 à une obligation de financement supplémentaire pour rééquilibrer un régime de retraite déficitaire de 1,2 milliard d’euros au 30 septembre dernier. L’action a dévissé vendredi de 17% pour terminer en dessous de 1,7 euro, au plus bas depuis mi-juillet 2009, les investisseurs n’étant pas prêts à laisser à l’équipementier le bénéfice du doute.

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