GDF Suez allège encore sa dette grâce au partenariat avec le chinois CIC

le 11/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds souverain déboursera 2,9 milliards d’euros pour des participations minoritaires dans l'exploration-production et la liquéfaction de gaz

Témoignant d’une progression de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 8,2% à 8,9 milliards d’euros, les résultats semestriels de GDF Suez, en ligne avec les attentes, ont été occultés par l’annonce officielle du protocole d’accord signé entre le groupe français et le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC), qui avait 409 milliards de dollars sous gestion fin 2010. Ciblant en priorité l’Asie-Pacifique, ce partenariat non exclusif, qui porte sur l’ensemble des activités d’énergie et de services environnementaux de GDF Suez, prévoit des coopérations industrielles et des investissements conjoints, ainsi qu’un «parrainage commercial pour le développement des activités du groupe français dans la région, via les filiales de CIC».

La première étape de cette coopération se traduira par une prise de participation de CIC dans les activités d’exploration-production de GDF Suez pour 2,3 milliards d’euros. Après une augmentation de capital et une restructuration financière de ce pôle, le fonds détiendra 30% d’une entité qui a dégagé l’an dernier une marge brute de 64% pour un chiffre d’affaires de 2,2 milliards. Ces activités sont valorisées 8,1 milliards d’euros en valeur d’entreprise. Il est prévu «un lock-up de 6 ans avec droit de préemption du groupe français en cas de sortie de CIC». Des discussions avancées et exclusives concernent également l’acquisition par CIC d’une participation de 10% dans une usine de liquéfaction de gaz naturel de GDF Suez à Trinidad et Tobago, Atlantic LNG, pour un montant de 600 millions.

Ces deux investissements minoritaires, normalement bouclés avant fin 2011, contribueront à renforcer la structure de bilan de GDF Suez qui a ainsi engagé «plus de 60% de son programme d’optimisation d’actifs de 10 milliards d’euros prévu sur 3 ans», souligne son PDG Gérard Mestrallet. Sa dette nette de 40,7 milliards au 30 juin, qui représente 51,6% des fonds propres, tombe ainsi à 35 milliards, soit 44% des fonds propres, si l’on ajoute ces deux transactions aux cessions d’actifs déjà annoncées. L’ensemble de ces opérations générera en outre «des plus-values comptables totales d’environ 1,5 milliard». Confirmant les objectifs d’Ebitda du groupe pour 2011 et à l’horizon 2013, Gérard Mestrallet indique qu’une baisse durable des prix du pétrole «aurait un effet favorable sur les prix à terme du gaz».

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