Mauna Kea veut lever 40 à 50 millions d’euros sur Euronext

le 21/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Spécialisée dans l’endomicroscopie, la société espère profiter du même engouement que Stentys ou Carmat dont les cours se sont envolés en un an

Photo: PHB/Agefi

Mauna Kea brave les mauvaises conditions de marché. Créée en 2000, la société lance aujourd’hui son processus d’introduction en Bourse. Conseillée par la Société Générale, l’entreprise spécialisée dans les endomicroscopes compte placer entre 40 et 50 millions d’euros lors de cette opération, ce qui lui conférerait une capitalisation supérieure à 100 millions d’euros, de sources proches du dossier.

Les montants restent modestes mais l’introduction de Mauna Kea («montagne blanche» en hawaiien) confirme l’attirance de la bourse pour les entreprises de technologies médicales («MedTechs»). L’an dernier, Stentys et Carmat, ainsi que plusieurs sociétés de biotechnologie (Neovacs, AB Science, Intragragen…), ont intégré les différents compartiments de Nyse Euronext. La tendance semble se confirmer pour 2011 avec, outre Mauna Kea, les projets déjà annoncés d’entrée en bourse de Visiomed et de Vexim. Les parcours de Stentys sur Euronext (+85% depuis l’introduction en septembre) et de Carmat sur Alternext (+732% en à peine un an) suscitent des vocations. Les fusions-acquisitions dans ce secteur depuis quelques mois contribuent également à soutenir les valorisations et à faire naître des vocations boursières.

Les modèles présentés par ces entreprises présentent pourtant d’importants risques. En phase de recherche et de développement, les MedTechs affichent des pertes et viennent en bourse pour trouver les fonds nécessaires à leurs recherches. Depuis sa création en 2000, Mauna Kea a essuyé chaque année des pertes opérationnelles. Au 31 décembre 2010, ses pertes nettes cumulées atteignaient 23,6 millions d’euros, dont 3,9 millions pour la seule année 2010. Son chiffre d’affaires 2010 s’élevait à 5,7 millions.

Jusqu’à présent, Mauna Kea a toujours été financée par des fonds d’investissement, dont Psilos et Health Evolution Partners, deux fonds de capital-risque américains, Creadev, le fonds de la famille Mulliez (Auchan) ou bien encore Seventures. Au total, entre l’amorçage et deux tours de financement, la société a levé 32,2 millions d’euros. Elle a également obtenu 6,3 millions d’avances d'Oséo et de la Coface. Il lui restait en fin d’année dernière 6,3 millions d'euros de liquidités ce qui lui permet de financer sa recherche jusqu’à fin 2012.

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