Takeda alimente la fièvre de consolidation du secteur pharmaceutique

le 20/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec l’Europe et les marchés émergents en ligne de mire, le groupe japonais met la main sur le suisse Nycomed pour 9,6 milliards d’euros

La pharmacie mondiale reste en effervescence. Hier, le numéro un japonais du secteur, Takeda Pharmaceutical, a confirmé la rumeur en annonçant le rachat de son concurrent suisse Nycomed auprès d’un consortium de sociétés de private equity, au premier rang desquels Nordic Capital, qui détient 41% du capital de la cible. Une transaction d’un montant de 9,6 milliards d’euros qui sera financée en partie par un emprunt de 600 à 700 milliards de yens (5,2 à 6 milliards d’euros).

Takeda vise clairement un renforcement de son empreinte au sein des marchés émergents, qui devaient représenter 60% des ventes de Nycomed en 2015 selon des projections internes, ainsi qu’en Europe, où la transaction permet au groupe japonais de doubler son chiffre d’affaires. En 2008 déjà, Takeda avait frappé aux Etats-Unis en rachetant le spécialiste de l’oncologie Millenium Pharmaceuticals pour 8,8 milliards de dollars.

L’opération annoncée hier lui permet de «gagner du temps» selon Atsushi Seki chez Barclays Capital, l’analyste soulignant le manque d’empressement auparavant à grandir dans les marchés émergents. Un défi auquel font pourtant face tous les acteurs mondiaux du secteur, selon l’analyste. En effet, le Japon et l’Amérique du Nord ont représenté 86% des ventes de Takeda au cours de l’exercice fiscal clos le 31 mars dernier.

De plus, la transaction semble intéressante en termes de portefeuille de produits, particulièrement face à l’expiration l’an prochain du brevet d’un médicament vedette de Takeda de traitement du diabète. L’offre exclut toutefois l’activité de dermatologie de Nycomed aux Etats-Unis, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 333 millions d’euros l’an dernier.

Enfin, Takeda ne semble pas avoir sacrifié la rigueur financière sur l’autel de la croissance, fut-elle stratégiquement indispensable. Selon les éléments rassemblés par Bloomberg, le groupe japonais débourse en effet l’équivalent de 3,4 fois les ventes annuelles de Nycomed contre un multiple de 4,1 pour les treize dernières opérations de rapprochement dans la pharmacie dont le montant a dépassé le milliard de dollars. Cela alors que l’intégration du laboratoire suisse devrait permettre à Takeda, selon ses propres estimations, d’augmenter tant ses ventes que son résultat net par titre de plus de 30%.

A lire aussi