Air France-KLM privilégie la poursuite de la baisse de sa dette

le 20/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré un net redressement de ses résultats, la compagnie franco-néerlandaise ne versera pas de dividende au titre de l’exercice écoulé

Tirant parti d’une conjoncture plus favorable, Air France-KLM a renoué avec un résultat annuel d’exploitation positif de 122 millions d’euros à fin mars 2011 contre une perte de 1,3 milliard un an plus tôt. «Les résultats de cet exercice montrent la capacité de redressement et d'amélioration de la profitabilité opérationnelle avec un important travail réalisé sur les coûts et l'organisation», souligne le bureau d’analyse de CM-CIC Securities. Malgré un cash-flow disponible de 398 millions d’euros, dont 193 millions proviennent de la cotation du spécialiste des réservations de voyage Amadeus en avril 2010, le groupe ne versera pourtant pas de dividende au titre de l’exercice écoulé afin de concentrer ses efforts sur la baisse de son endettement.

Un pas significatif a déjà été effectué puisque sa dette nette est passée de 6,22 milliards à fin mars 2010 à 5,89 milliards au 31 mars dernier, avec une maturité moyenne supérieure à 4 ans. Son ratio de dette nette sur fonds propres s’est amélioré en passant de 115% à 85% sur la période, le groupe visant un ratio de 50% à moyen terme. Avec 71% de sa dette à taux fixe et plus de 90% en euros, Air France-KLM «n’est pas exposé à la remontée des taux d’intérêt», souligne le directeur général Pierre-Henri Gourgeon. Suite au refinancement par anticipation début avril d’une ligne de crédit syndiqué de plus de 1 milliard d’euros, le transporteur aérien dispose actuellement de 3 lignes de crédit non tirées totalisant 1,84 milliard d'euros. Sa situation de liquidité est d’autant plus saine que sa trésorerie nette s’élève à 3,86 milliards.

La compagnie franco-néerlandaise va adopter une date de clôture de ses comptes correspondant à l’année calendaire, ce qui réduira à 9 mois l’exercice ouvert au 1er avril dernier. Le niveau élevé du prix du pétrole, la volatilité des changes, les incertitudes géopolitiques et l’effet Japon limitent ses ambitions pour 2011, malgré «des réservations bien orientées pour les prochains mois». Le groupe table donc pour l’année calendaire sur un «résultat d’exploitation en hausse par rapport à 2010», sachant que les comptes non audités sur la période de janvier à décembre 2010 font ressortir un résultat d’exploitation de seulement 28 millions d’euros. Cette base de comparaison plus favorable devrait lui laisser davantage de marge de manœuvre pour parvenir à son objectif de résultat.

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