Les actionnaires historiques de LinkedIn multiplieraient leur mise par 25

le 10/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le site veut placer plus de 250 millions de dollars à la Bourse de New York. Et profiter de la valorisation actuelle des sociétés internet

Photo: Bloomberg

LinkedIn devient de plus en plus gourmand. Engagé officiellement depuis le début de l’année sur la voie d’une introduction à la Bourse de New York, le site de réseaux professionnels a indiqué hier qu’il compte placer 7,84 millions d’actions sur le marché, à un prix unitaire compris entre 32 et 35 dollars. Le montant total du placement s’élèverait ainsi entre 250 et 274 millions de dollars, soit plus que les 175 millions de dollars envisagés en début d’année. En cas de forte demande, 1,18 million d’actions supplémentaires seront mises en vente. Le produit net de la cession de titres, 183 millions de dollars en cas d’exercice de la clause de sur-allocation selon le document publié auprès de la SEC, permettra à LinkedIn de financer sa croissance, pourquoi pas par acquisitions.

Par ces chiffres, l'opération LinkedIn reste relativement modeste. Mais elle confirme l’agitation dans le secteur de l’internet. Tous les grands sites, de Facebook à Groupon, en passant par le français Viadeo, sont engagés, à des stades d’avancement divers, sur la voie de la Bourse pour profiter de niveaux de valorisation élevés. Le prix d’introduction évoqué valorise LinkendIn 3 milliards de dollars, soit 12 fois son chiffre d’affaires 2010 et 62 fois son excédent brut d’exploitation. Mais la demande est là. La semaine dernière, RenRen, le Facebook chinois, a placé plus de 740 millions de dollars à New York. Depuis, son cours de Bourse a progressé de 23% portant sa capitalisation à 6,6 milliards de dollars.

Créés au milieu des années 2000 (2003 pour LinkedIn) ces sites commencent à dégager leurs premiers bénéfices. En 2010, LinkedIn a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 243 millions de dollars, deux fois plus qu’en 2009 et trois fois plus qu’en 2008. Son résultat net est passé d’une perte de 4,5 millions en 2008 (-3,9 millions en 2009) à un bénéfice de 15,3 millions en 2010.

Ces mises en Bourse doivent aussi permettre aux actionnaires, fondateurs, dirigeants ou fonds, de réaliser une partie de leurs investissements. Dans le cas de LinkedIn, les actionnaires historiques, dont le fondateur Reid Hoffman, Goldman Sachs, Bain Capital et McGraw-Hill Companies, ont prévu de vendre 3 millions d’actions afin de profiter de la valorisation de la société. Le prix de revient unitaire de leurs actions n’est que de 1,34 dollar, 25 fois moins que le cours de mise en Bourse...

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