Barrick Gold bien décidé à ne pas se laisser distancer dans la bataille du cuivre

le 26/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe canadien propose 5,2 milliards d'euros pour acquérir l'australien Equinox, détenteur d'actifs très convoités sur le marché du cuivre

Nouvelle illustration de l'appétit que suscite la flambée des métaux précieux (lire page 2), Barrick Gold entend consolider ses positions sur le marché du cuivre. Le groupe aurifère canadien a dévoilé hier une offre amicale en numéraire de 8,15 dollars canadiens par action pour le rachat de l'australien Equinox Minerals. Le prix proposé représente une prime de 17% par rapport au cours moyen de la cible sur les vingt dernières séances de cotation et valorise le groupe de Perth à 7,3 milliards de dollars canadiens (5,2 milliards d'euros). Une offre que les analystes jugent généreuse.

Barrick Gold, qui signe la deuxième transaction la plus importante de son histoire, derrière le rachat de Placer Dome en 2005 (pour 10,2 milliards de dollars), estime avoir les moyens financiers nécessaires. Le groupe détient une facilité de crédit de 5 milliards de dollars incluant un prêt relais et une ligne de crédit revolving souscrite par RBC Capital Markets et Morgan Stanley Senior Funding. Ces deux établissements ont également agi en qualité de conseillers financiers pour le compte de Barrick Gold. Celui-ci dispose par ailleurs d'une facilité existante de 1,5 milliard de dollars et de 4 milliards de dollars de cash au 31 décembre. L'accord fixe une commission de dédit de 250 millions de dollars canadiens.

Barrick Gold, qui anticipe un effet relutif immédiat sur son bénéfice, supplante la proposition du chinois Minmetals Resources. Ce dernier avait offert début avril 7 dollars canadiens par action, une mise jugée trop basse par Equinox. Lui-même engagé dans une tentative de rachat d'un autre producteur de cuivre canadien, Lundin Mining, Equinox a fait part de l'abandon de ce projet d'un montant de 4,8 milliards de dollars canadiens.

Cette bataille pour le cuivre s'inscrit dans un contexte où les nouveaux projets d'exploitation peinent à se présenter, alors que la demande chinoise continue de tirer les prix vers le haut. «C'est une occasion unique. Il est très rare que des actifs comme ceux-là se présentent sur le marché», a justifié Aaron Regent, le PDG de Barrick Gold. L'opération doit donner au groupe le contrôle de la mine de Lumwana en Zambie ainsi que des gisements très convoités en Arabie Saoudite. Elle doit d'emblée multiplier par deux la production annuelle de cuivre de Barrick Gold pour la porter à 600 millions de livres.

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