Schneider peine à apaiser la crainte d’une coûteuse OPA sur Tyco

le 14/04/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe français dément mener des discussions mais aurait cependant approché l'américain. A 30 milliards de dollars, l'opération créerait difficilement de la valeur

Le démenti de Schneider Electric affirmant «ne pas être actuellement en discussion avec Tyco International sur une éventuelle opération stratégique» n’aura servi à rien. L’action du groupe d’équipements électriques a cédé 0,13% hier, portant à 7,16% sa chute en trois jours, soit une perte de capitalisation de 2,36 milliards d’euros. Le message est donc clair: au prix de 30 milliards de dollars que Schneider aurait proposé à Tyco lors d'une première approche, selon la presse américaine, les investisseurs ne voient pas l’intérêt qu’aurait l'OPA. D'autant que la valeur de l'américain a bondi de 8% à 24 milliards de dollars et pourrait encore monter à la faveur d'une offre concurrente.

En supposant un prix de 30 milliards de dollars, et avec un paiement à 30% en actions Schneider, le rapprochement devrait générer entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars de synergies pour commencer à être bénéfique, soit 5% à 6% du chiffre d’affaires de Tyco, selon Kepler. Un niveau élevé pour ce type d’opération. Selon Oddo, il faudrait attendre 2015 pour que la rentabilité des capitaux employés atteigne le coût moyen pondéré du capital, «soit une création de valeur implicite à partir de 2016, au bout de cinq ans».

La taille de l’opération, la plus importante de l’histoire de Schneider, ferait également peser un risque d’exécution autrement plus dangereux que celui-ci porté par la dizaine d’acquisitions menées par la direction actuelle du groupe. Une partie des actifs de Tyco, notamment les valves pour les réseaux d’eau, ne trouveraient pas leur place dans le périmètre du groupe. Ce qui obligerait Schneider à les revendre. Selon le Daily Telegraph, le montage envisagé prévoirait la mise en place d’un crédit relais le temps de trouver un repreneur pour cette activité valorisée au mieux 6,5 milliards de dollars par Exane BNP Paribas. Reuters indique que Schneider discute avec ses banques pour arrêter le financement.

Néanmoins, pour espérer garder la note de sa dette dans la catégorie «investissement» (il est noté actuellement A- par S&P), Schneider devrait émettre au moins 8 milliards d’euros en actions nouvelles, selon les analystes crédit de Natixis, soit 26% de sa capitalisation. Or, même si un rachat de Tyco présenterait quelques avantages, comme la place de numéro un des automatismes dans le bâtiment (alarme), les actionnaires ont fait savoir ces derniers jours qu’ils n’étaient pas prêts à financer une OPA dans les conditions actuelles.

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