Le marché table sur un recul de plus de 10 % des ventes des groupes de luxe au Japon

le 15/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hermès et Bulgari sont les plus exposés avec 19 % de leur chiffre d’affaires réalisés dans l’Archipel, contre 9 % pour LVMH

Parmi les valeurs les plus affectées en Bourse par les tremblements de terre, tsunamis et risques nucléaires au Japon, figurent LVMH (-3,09%) et Hermès (-3,14%). La consommation japonaise se redressera, mais «des secteurs non essentiels, comme le luxe, pourraient être durablement affectés», note Aurel BGC. L’Archipel pèse globalement 11% du marché du luxe, un poids relatif en recul sur les dernières années, avec la montée en puissance des autres régions du globe, notamment de la Chine.

LVMH fait partie des groupes les moins exposés avec seulement 9% de ses ventes réalisées au Japon l’an dernier. Toutefois au sein du groupe, Louis Vuitton accomplit environ 20% de son chiffre d’affaires avec des Japonais, et Bulgari, qui devrait être intégré au plus tôt au troisième trimestre, dégage 19% de ses ventes dans l’archipel. Les boutiques japonaises de LVMH étaient fermées hier. Pour sa part, Hermès a dégagé en 2010 près de 19% de son chiffre d’affaires au Japon, un chiffre quasiment stable à changes constants. Les ventes japonaises de LVMH se redressaient légèrement en fin d’année dernière, en recul de 3% en monnaies locales au quatrième trimestre 2010, contre une baisse de 6% sur les neuf premiers mois de l’exercice. Or, tous deux tablaient sur une amélioration cette année!

Pour l’heure, LVMH comme Hermès se refusent à tout commentaire. «Il nous semble raisonnable de penser que l’amélioration anticipée sur ce marché n’arrivera pas», note Raymond James, prenant l’hypothèse d’une baisse de 15 à 20% des ventes 2011 au Japon, soit un impact négatif de l’ordre de 2% sur le chiffre d’affaires des groupes de luxe. Tout en jugeant impossible d’évaluer maintenant l’impact sur les comptes des groupes de luxe, Oddo évoque une baisse de 12% des ventes, soit un impact d’environ 1,5% sur la croissance du chiffre d'affaires de son échantillon de groupes de luxe, et un impact théorique sur les bénéfices nets par action de -3% à -4%.

De son côté, Aurel BGC table sur une baisse de 10% des ventes, «sans doute beaucoup plus sur le premier semestre, avec un rétablissement sur la seconde partie de l’année». L’effet sur le résultat opérationnel «sera globalement du même ordre que celui du chiffre d’affaires, à l’exception de LVMH en raison de la marge élevée dégagée par Louis Vuitton (près de 45%) et du poids prépondérant de [la clientèle japonaise] pour cette marque», poursuit Aurel BGC.

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