Bayer dévoile des objectifs contrastés pour 2011 et 2012

le 01/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe allemand anticipe une progression de son excédent brut d’exploitation légèrement inférieure à celle du consensus

Déception des analystes. Bayer a présenté hier des objectifs 2011 et 2012 légèrement en-dessous des attentes du marché. Toutefois, si l’action du groupe allemand a débuté la séance en territoire négatif, elle a clôturé en hausse de 2,52% à 56,18 euros. Après une hausse de 10% de son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté l’an dernier à 7,1 milliards d’euros, Bayer espère atteindre 7,5 milliards cette année et 8 milliards en 2012. Or, le consensus Bloomberg attendait jusqu’alors 7,7 milliards et 8,4 milliards. De même le bénéfice par action est attendu autour de 4,6 euros en 2011 et 5 euros en 2012, contre respectivement 4,7 et 5,3 euros espérés par le consensus.

En revanche, le groupe est plus optimisme que le marché pour ses ventes. Après une hausse de 8% en comparable de son chiffre d’affaires 2010 à 35,1 milliards d’euros (+12,6% en données publiées), le laboratoire pharmaceutique anticipe une croissance en comparable de 4 à 6% cette année, puis d’environ 5% en 2012. Pour l’heure le consensus Bloomberg anticipe 36,1 milliards cette année, soit une hausse de 3%, et 37,7 milliards en 2012, soit une croissance de 4,4% en séquentiel.

Bayer fonde notamment beaucoup d’espoirs sur son nouvel antithrombotique, Xarelto, dont les ventes annuelles devraient dépasser les 2 milliards d’euros, sur un marché pour les nouveaux anticoagulants estimé à plus de 10 milliards d’euros. Pour l'heure, le laboratoire estime que les réformes des systèmes de santé lui ont réduit ses ventes et ses résultats de 160 millions d’euros l’an dernier. Un manque à gagner qui devrait s’établir entre 270 et 300 millions d’euros cette année, dont plus de 100 millions aux Etats-Unis.

Contrairement à certaines rumeurs, Bayer ne compte pas se muer en pur pharmacien et veut conserver ses activités de chimie (CropSciences) et de matériaux de haute technologie (MaterialScience). Céder une activité afin de financer une acquisition serait une «option extrême», a expliqué Marijn Dekkers, président du directoire de Bayer.

Au quatrième trimestre, Bayer a affiché une perte de 145 millions d’euros, la première perte trimestrielle en sept ans, après avoir passé 825 millions d’euros de dépréciations d’actifs, dont 405 millions sur la marque Schering.

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