Les petites et moyennes valeurs ciblent mieux la croissance des émergents

le 16/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré sa surperformance, ce segment présente encore une valorisation attrayante, estime Alain Caffort, gérant du fonds Groupama Avenir Euro

Les grosses capitalisations ne sont pas les seules à profiter de la croissance des pays émergents. Les valeurs moyennes aussi constituent de bons vecteurs pour bénéficier des perspectives technologiques ou démographiques de ces pays, de leur faible niveau d’endettement et de l’augmentation importante de leurs réserves de change. «Les petites et moyennes capitalisations permettent de miser sur les pays émergents à travers des marchés de niche et des thèmes d’investissement plus ciblés», juge Alain Caffort, gérant du fonds Groupama Avenir Euro - dont les encours s’élevaient fin 2010 à 165 millions d’euros -, composé d’une cinquantaine de petites et moyennes valeurs de capitalisation inférieure à 5 milliards d’euros. Plus de la moitié de son portefeuille est actuellement constitué de sociétés réalisant au moins 30% de leur chiffre d’affaires dans les pays émergents.

L’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du Commerce en 2001 a d’ailleurs coïncidé avec le début de la surperformance des petites et moyennes capitalisations européennes par rapport aux grandes capitalisations. Découlant d’une dynamique bénéficiaire comparativement plus favorable, cette tendance ne s’est pas démentie depuis lors, sauf en 2008, en raison d’une aversion généralisée pour le risque. Les petites et moyennes capitalisations «offrent également l’occasion d’être davantage exposé aux cycles technologiques et industriels, aux matières premières et à certaines valeurs de consommation». Elles sont en revanche moins représentées dans les «utilities», les télécoms ou les pétrolières intégrées.

Ce segment de marché permet enfin de s’extraire de la simple thématique sectorielle et de découvrir par le stock-picking un vivier de sociétés fortement exposées aux économies émergentes. C’est le cas de la société belge Bekaert, très présente dans les pneumatiques en Chine et au Brésil, ou du groupe espagnol Prosegur, spécialisé dans la sécurité, qui tire 70% de son bénéfice d’exploitation d’Amérique latine. «Si ces valeurs ont bénéficié d’une revalorisation boursière au cours de la décennie écoulée, une grande partie reste encore sous-évaluée», relève le gérant, en constatant que 37,7% d’entre elles affichent un cours inférieur de moitié à son plus haut historique, contre seulement 23,4% dans le segment des grandes capitalisations.

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