La Bourse de Londres lorgne celle de Toronto et ses gisements de matières premières

le 09/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les négociations avancées dévoilées par les deux opérateurs pourraient se heurter à une vive opposition politique au Canada

Xavier Rolet passe à l’offensive. Le directeur général de la Bourse de Londres souhaite en effet mettre la main sur l’opérateur de la Bourse de Toronto. Le London Stock Exchange (LSE) et le TMX ont fait part hier soir, par communiqués distincts, de discussions avancées en vue d’un rapprochement. Une nouvelle union transatlantique, donc, après celles entre Nyse et Euronext en 2007 et entre le Nasdaq et OMX l’année suivante. Cette fois, le Vieux continent dirige la manœuvre.

Surtout, il s’agit aujourd’hui tout particulièrement de créer un champion mondial dans la cotation du secteur minier, un domaine en pleine effervescence du fait de la hausse des cours des matières premières. Bloomberg souligne qu’alors que les producteurs d’énergie et de matières premières représentent 22% des capitalisations boursières dans le monde, ils constituent 36% des titres cotés au Royaume-Uni et 50% au Canada. Ce rapprochement apparaît d’autant plus «logique» à Thomas Caldwell, patron du courtier canadien éponyme, qu’il assure à Bloomberg l’avoir suggéré aux deux groupes «il y a des mois».

Le nouvel ensemble disposerait d’une capitalisation boursière de 5 milliards d’euros. Les actionnaires actuels du LSE en détiendraient 56%. Selon la presse, Xavier Rolet s’imposerait en tant que directeur général, son homologue, l’Américain Thomas Kloet, devant occuper le siège de président.

Une prise de contrôle par des intérêts étrangers pourrait toutefois soulever l’opposition politique au Canada. Une opposition similaire à celle que rencontre actuellement la Bourse de Singapour dans sa lutte pour s’emparer de l’opérateur australien ASX. Là encore, les matières premières sont au centre du jeu. En novembre dernier déjà, le gouvernement canadien avait barré la route à une offre du minier australien BHP Billiton sur Potash. Comme ce dernier, le TMX pourrait être érigé en symbole national.

Certes, parallèlement à ces considérations stratégiques sur les vents porteurs soutenant le secteur de l’énergie, celles sur les synergies sont également importantes pour deux opérateurs boursiers toujours en quête d’efficacité opérationnelle face à leurs concurrents. Edward Ditmire, analyste du secteur chez Macquarie, s’attend à voir émerger un «ensemble de systèmes unifié» de la part de groupes qui ont consenti des «investissements significatifs pour leurs plateformes technologiques».

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