Ryanair se félicite d’une couverture efficace de sa facture carburant

le 01/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La compagnie aérienne a confirmé son objectif de résultat annuel à fin mars. Le chiffre d’affaires a progressé de 22 % au trimestre écoulé

Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, fait rarement dans la demi-mesure. Dévoilant hier les résultats du troisième trimestre fiscal de la compagnie aérienne irlandaise, à fin décembre dernier, le dirigeant s’est simplement ému du fait que les commentaires négatifs concernant l’économie du pays puissent avoir un impact négatif sur la perception des perspectives du groupe. L’Irlande ne génère en effet plus que 10% (deux fois moins qu’il y a quelques années) de l’activité de Ryanair, sous l’impulsion d’une croissance dans des pays comme l’Espagne ou l’Italie.

Mieux, Michael O’Leary se place en interlocuteur direct du prochain gouvernement pour exploiter le potentiel touristique du pays, significatif au regard de l’attractivité de ses hôtels ou de ses parcours de golf, selon le dirigeant.

Car Ryanair garde le vent en poupe. Au trimestre écoulé, le chiffre d’affaires a progressé de 22% (à 746 millions d’euros), grâce à une hausse tant du nombre de passagers (+6%) que du prix moyen du billet (+15%). Une performance d’autant plus remarquable aux yeux de Michael O’Leary que l’activité a été perturbée par des grèves et des conditions climatiques qui ont entraîné l’annulation de plus de 3.000 vols en trois mois, contre 1.400 un an auparavant. La perte nette a été modérément réduite à 10,3 millions d’euros, contre 10,9 millions un an auparavant et nettement inférieure à celle de 19,5 millions du consensus Bloomberg.

Ryanair a dès lors confirmé son objectif d’un résultat net annuel compris entre 380 et 400 millions d’euros. La compagnie aérienne estime pouvoir atteindre la partie haute de cette estimation. Le groupe se réjouit surtout d’une politique active de couverture de la facture de carburant. Le directeur financier Michael Cawley a assuré hier que 82% des besoins du groupe en la matière étaient couverts pour l’exercice débutant le 1er avril prochain à un niveau de 82 dollars le baril, alors que l’or noir tutoie actuellement le seuil des 100 dollars. «Nous sommes en bonne position» pour tirer parti de l’instabilité des cours pétroliers, selon le dirigeant. La facture de carburant a tout de même progressé de 37% sur un an au trimestre à fin décembre. Hors carburant, la hausse des coûts unitaires est abaissée de 7 points à 8%.

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