Lagardère rassure sur sa dette mais le risque judiciaire réapparaît

le 01/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré un prix de cession de ses magazines supérieur aux prévisions, le titre a perdu près de 3 % à cause de l'affaire EADS

Lagardère cherche à écrire une nouvelle page. Poursuivant le recentrage de ses activités, le conglomérat a reçu une offre ferme de 651 millions d’euros en numéraire pour le rachat de ses magazines à l'international de la part du groupe américain Hearst. En plus de ce montant, Lagardère, qui était conseillé par JPMorgan, touchera une redevance annuelle de 8 millions d’euros pour l’usage de la marque «Elle» dont il reste propriétaire, soit une valeur actuelle de 70 millions. La partie en cash devrait être reçue au troisième trimestre. Le groupe gardera la propriété de certains actifs immobiliers, pour une valeur de 30 millions d’euros.

En tenant compte de l’introduction en Bourse de son bloc de 20% dans Canal + France prévue au deuxième trimestre et dont la valeur est estimée à 1,25 milliard d’euros, c’est près de 2 milliards que le groupe de médias pourrait ainsi récupérer dans l’année. Cette somme devrait servir au désendettement, a indiqué la direction, alors que la dette nette s'élève à 2,2 milliards. Elle devrait également appuyer les ambitions de croissance externe de sa filiale de sport et divertissement, Lagardère Unlimited, «un marché de 100 milliards de dollars, qui croît de 5% par an», avait indiqué Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe, le 25 janvier lors d'une réunion avec les investisseurs. CM-CIC estime que cette récolte pourrait conduire le groupe à verser un dividende exceptionnel de 7,5 euros, sous l’hypothèse que la moitié du cash reçu des magazines et de Canal+ est distribuée.

Mais, pour certains analystes, le retour aux actionnaires pourrait être moins élevé qu'escompté. Alors que le marché pensait le dossier classé, la mise en examen du groupe Lagardère dans le cadre de l’enquête de délit d’initié sur EADS a en effet accru le profil de risque. Oddo Securities estime que «les analystes pourraient à nouveau inclure dans leur valorisation un nouveau risque d'amende proche de 2 à 3 euros par titre». Pour couvrir ce risque, estimé en théorie au total entre 2 et 3 milliards d'euros par Cheuvreux, la direction pourrait donc être tentée de minorer le montant du dividende exceptionnel en attendant la décision de justice. Hier, le cours de l'action a chuté de 2,97%, après une hausse de 20% depuis les premières fuites de la cession des magazines début décembre.

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