Le FMEA veut faire émerger un champion français de la plasturgie automobile

le 17/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Fonds de modernisation des équipementiers injecte 11 millions pour aider PVL à racheter Bourbon et soutient un projet d'acquisition en Allemagne

Le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles poursuit son «Meccano». Créé il y a dix-huit mois pour aider la filière à traverser la pire crise de son histoire, le FMEA vient de réaliser son quatorzième investissement. Onze millions d’euros vont ainsi être débloqués pour aider le groupe Plastivaloire (PVL) à financer le rachat de Bourbon, un fabricant de pièces décorées et de composants en plastique (pommeaux de vitesse, façade d’autoradio, enjoliveur, grille de calandres…) mis en difficulté par une dette de 42 millions d’euros. Et dont le résultat d’exploitation était tout juste à l’équilibre.

Selon le schéma élaboré par Laurence Danon, présidente du directoire d’Edmond de Rothschild Corporate Finance, conseil de PVL, 96% du capital de Bourbon sera dans un premier temps racheté par PVL, 4% restant entre les mains de Claude Bourbon. La société sera ensuite rapprochée d’Automotive Plastics, la division automobile de PVL. Le FMEA injectera alors 11 millions d’euros dans une augmentation de capital pour prendre 31% de l’ensemble Bourbon-Automotive Plastics. PVL ajoutera 2 millions d’euros et détiendra 65%. Plusieurs solutions de sortie ont été envisagées par le FMEA mais celui-ci indique son intêret à rester actionnaire plusieurs années.

«Nous investissons dans des sociétés qui peuvent jouer un rôle de leader», explique Hervé Guyot, le directeur du FMEA. Cette opération vise ainsi à créer autour de PVL le spécialiste français des pièces décorées et des composants en plastique. Avec Bourbon, PVL va doubler de taille pour atteindre un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros. Une seconde acquisition est déjà programmée pour 2011, outre-Rhin, afin de fournir directement les constructeurs allemands. «Plusieurs cibles ont été identifiées mais nous n’avons pas encore de préférence. L’objectif est d’atteindre 350 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ce type de composants automobiles, contre 220 millions attendus cette année», indique Patrick Findeling, le président de PVL. Le comité d’investissement du FMEA a d’ores et déjà donné son accord pour participer au financement de cette acquisition.

Au total, avec l’opération PVL, le FMEA a investi 217,9 millions d’euros depuis sa création sur les 600 millions d’euros dont ses actionnaires (PSA, Renault et le Fonds stratégique d’investissement) l’ont doté.

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