Areva va céder sa part dans STMicro au FSI pour 695 millions d’euros

le 17/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ce prix valorise le titre du groupe à 7 euros. Le mois dernier, l’Etat italien avait payé 6,47 euros par titre pour la part de CDP

Photo PHB/AGEFI

Après des mois d’attente, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) a annoncé son entrée en négociation exclusive avec Areva pour le rachat de sa participation de 10,9% dans STMicroelectronics. Le FSI offre 7 euros par action STMicro, soit 695 millions d’euros. Une «valorisation fondamentale», confie Jean d’Arthuys, directeur du FSI. En effet, l’action STMicro a clôturé mercredi à 7,62 euros, après un rebond de 37% au cours des trois derniers mois, et ressort en moyenne à 6,1 euros sur les 90 dernières séances. Fin octobre, le groupe de semi-conducteurs avait publié des résultats pour le troisième trimestre supérieurs aux attentes et affiché des perspectives de ventes supérieures au consensus pour le quatrième trimestre.

Pourtant, le 30 novembre dernier, Cassa di depositi e prestiti (CDP), l’équivalent italien de la Caisse des dépôts, avait vendu à l’Etat italien 13,7% du capital de STMicro au prix de 6,47 euros par action. Dans le cadre de la gouvernance franco-italienne, STMicro est contrôlé à hauteur de 27,5% par STMicro Holding, lui-même détenu à parité par des actionnaires français et italiens. «Le CEA n’est pas vendeur de sa participation de 3,4% dans STMicro, ajoute Jean d’Arthuys. Une participation de 10,9% nous suffit, elle nous permet de détenir le co-contrôle du groupe avec les Italiens». Après la finalisation de l’opération, le FSI demandera à siéger au conseil d’administration de STMicro. Pour cette opération, le FSI a été assisté de Nomura (conseil financier), du cabinet Lek (conseil stratégique) et du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier (conseil juridique).

Pour sa part, Bercy «salue» cette cession venant «compléter le plan de financement d’Areva». Avec cette opération, «cumulée d’une part à l’apport constitué par la cession de T&D et la vente déjà effectuée des participations minoritaires détenues par le groupe Areva dans GDF Suez, Total et Safran, et, d’autre part, à l’augmentation de capital [de 900 millions d’euros], ce seront au total plus de 6,3 milliards d’euros qui auront été, avec le soutien de l'Etat, consacrés au financement du développement d'Areva», se félicite Bercy.

Néanmoins, S&P a placé mercredi la note «BBB+» d’Areva sous surveillance négative en raison de l'augmentation de capital limitée à 900 millions, alors que l’agence de notation tablait sur 2 à 2,5 milliards.

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