Sage renoncement

le 22/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En renonçant à une OPA hostile sur Zodiac, Jean-Paul Herteman, le président de Safran, a agi sagement. Ce n’est pas que le projet industriel de rapprochement manque de sens. Zodiac s’inscrit bien dans la logique de développement de Safran dans l’aéronautique. Mais une offre hostile, bien que susceptible de réussir, avait trois inconvénients majeurs. Le premier est financier. Une OPA avait toutes les chances d’entraîner le groupe dans une guerre d’usure à l’issue incertaine et plus coûteuse qu’anticipé. Or un prix d’achat élevé aurait été d’autant moins justifiable que l’expérience montre que la création de valeur ultérieure n’est pas indifférente aux conditions de la prise de contrôle. Au terme d’un rachat hostile d’une entreprise à l’histoire actionnariale totalement différente, il n’est pas facile de recréer une culture de groupe unique. Safran le sait bien puisqu’il est le résultat du rapprochement entre Snecma, groupe public, et Sagem, société détenue par ses cadres, et que cette différence de cultures lui a valu pendant des années de sérieux déboires. Enfin, il est contestable de voir procéder par OPA hostile une entreprise encore détenue à 30% par l’Etat, et protégée de plus par le décret Breton de décembre 2005 portant protection des secteurs stratégiques. Dès lors que la réciprocité dans la prise de contrôle ne peut être assurée, le caractère amical de la démarche de l’acquéreur est d’autant plus important à respecter.

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