Vivendi pourra continuer à utiliser le régime du bénéfice mondial consolidé

le 15/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bercy a démenti des informations de presse sur l’abandon de la mesure. Les analystes notent que de toute façon l’impact sur la valorisation serait limité

La question du bénéfice mondial consolidé refait surface pour Vivendi. Des rumeurs avaient déjà filtré en septembre. Et à en croire La Tribune de vendredi, Vivendi aurait été averti du non-renouvellement de ce régime spécifique après 2011. Reste que dans la foulée, le ministère de l’Economie a laissé entendre qu’il n’envisageait pas aujourd’hui une remise en cause de la mesure. Ce qui a permis au titre de réduire ses pertes à 1,77% (20,200 euros) vendredi.

Les débats ne sont pas nouveaux sur cette question fiscale qui concerne essentiellement Vivendi. «Le bénéfice mondial consolidé permet d’utiliser les reports déficitaires de la maison-mère sur les résultats de SFR, détenu à 56% et donc exclu du périmètre fiscal classique», rappelle une note de CM-CIC Securities.

Grosso modo, le dispositif permet au groupe de récupérer quelque 500 millions en cash par an. Pour autant, l’abandon de la mesure n’aurait finalement qu’un effet limité sur la valorisation. En début d’année, le stock d’économies d’impôts potentielles s’élevait à 2,1 milliards d’euros. Des économies qui d’après CM-CIC devraient être «entièrement consommées en 2013». Ainsi, le bureau valorise cet avantage à 1,3 euro par action dans l’actif net réévalué (ANR), en valeur actuelle.

Toutefois, le retrait du dispositif après 2011 ne signifierait pas une perte de valeur de même ampleur. En cas de non-reconduction, la valorisation des reports déficitaires concernés tomberait à 0,7 euro par action, «soit une perte de valeur limitée à 0,6 euro par titre», précise le bureau d’analystes.

De surcroît la question pourrait devenir sans objet en cas de reprise de SFR à 100% par Vivendi. La maison-mère pouvant alors intégrer fiscalement sa filiale.

Plus que le bénéfice mondial consolidé, c’est d’ailleurs cette question de la montée éventuelle à 100% de SFR qui constitue aujourd’hui le pivot de la valorisation du titre selon les analystes. Or, cette hypothèse a pris du poids au cours des derniers mois.

En attendant, les analystes regarderont aussi de près les résultats que doit publier Vivendi ce soir. Activision et Maroc Télécom ayant déjà annoncé de bons chiffres, le marché attend une confirmation des projections annuelles revues à la hausse cet été. A savoir une progression de l’opérationnel ajusté et du net ajusté, avec un dividende de 1,40 euro.

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