Les comités d’audit ne suivent pas suffisamment la gestion des risques

le 20/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ernst & Young publie aujourd’hui son panorama de la gouvernance des sociétés cotées. Le décalage persiste entre « bigcaps » et « midcaps »

Pour la huitième édition de son panorama de la gouvernance des sociétés cotées françaises, Ernst & Young, en partenariat avec France Proxy, relève le décalage persistant entre petites et grandes capitalisations.

Désormais 50% des entreprises disposent d’un niveau de gouvernance satisfaisant (35% en 2009). Un taux qui atteint 83% pour les grosses capitalisations, contre seulement 17% pour les petites et moyennes (10% en 2009). La moitié des valeurs moyennes (55% en 2009) ont une gouvernance très faible, contre 7% pour les «bigcaps». Mais, la transparence des «midcaps» s’améliore progressivement.

Deux thèmes invitent à la réflexion. D’une part, le montant des jetons de présence. S’il progresse – enfin – chez les Midcaps de 40% à 14.000 euros, et légèrement au CAC 40 (+6% à 51.000 euros), il recule de 3% dans le SBF 120 à 28.000 euros. «En période de crise, certains administrateurs ont accepté de réduire ou d’abandonner leurs jetons de présence en signe de solidarité avec les actionnaires, même si d’autres y sont défavorables estimant qu’une rémunération est la garantie de leur indépendance, explique Bruno Perrin, associé Ernst & Young. Je pense que les jetons de présence vont augmenter. Une nécessité s’il on veut accueillir davantage d’administrateurs étrangers ».

D’autre part, l’application de la 8e directive prévoit de nouvelles missions pour les comités d’audit. «Le niveau actuel de diligence est encore relativement faible, avec seulement 77% des comités d’audit du SBF 120 qui déclarent suivre régulièrement la gestion des risques», souligne Dominique Pageaud. Les tableaux de bord sur les risques progressent, mais la quantification des risques dans les chapitres dédiés dans le rapport annuel reste marginale. «La cartographie des risques n’est pas toujours mise à la disposition du conseil», poursuit Dominique Pageaud.

L’approche ne doit pas être «trop centrée sur la conformité car il s’agit de la pérennité de l’entreprise, explique Dominique Pageaud. Le périmètre de contrôle des risques ne doit pas se limiter aux aspects financiers, mais couvrir également les risques industriels, réglementaires, etc.». Enfin, «le ‘lady boom’, qui a notamment permis d’abaisser l’âge moyen des administrateurs, doit se confirmer pour arriver à l’objectif du projet de loi de 40% de femmes dans six ans», rappelle Véronique Bruneau Bayard, associée de France Proxy.

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