Fonctions financières

Des formations académiques dédiées aux métiers de la trésorerie

le 08/05/2014 L'AGEFI Hebdo

Grâce aux promotions issues de masters spécialisés, cette fonction d’expertise gagne de la visibilité.

Des formations académiques dédiées aux métiers de la trésorerie
Campus de l'université de Rennes 1, où l’Institut de gestion propose depuis vingt ans un master finance trésorerie.
(Moschetti/REA)

Souvent cités parmi les métiers sous tension – les recrutements sont difficiles –, les trésoriers ont en majorité été formés à l’université ou en école de commerce. « Ces professionnels ont généralement une formation académique de haut niveau (bac+5). Dans ce métier, il est absolument nécessaire d’avoir une très bonne culture financière et économique ainsi que des connaissances techniques, notamment sur les outils que les banques peuvent proposer en matière de financement », indique Fabrice Coudray, directeur chez Robert Half France. Plus technique et plus transversale depuis la crise, la profession évolue, même si elle reste discrète. « Ces spécialistes sont un peu dans l’ombre. Ils sont discrets mais brillants ! souligne Fabrice Coudray. La crise les a rendus stratégiques pour les entreprises, et ils doivent être désormais capables d’avoir une vision financière et de parler de la stratégie globale. Et ce dans un contexte où les relations avec les banques sont de plus en plus complexes. »

Très active AFTE

Petit à petit, le métier gagne de la visibilité. Aux côtés des formations en comptabilité coexistent des masters spécialisés en trésorerie. La très active Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) ne ménage pas ses efforts pour entretenir et développer des liens avec le monde universitaire. En 2013, l’AFTE a noué un accord de partenariat avec le master finance et trésorerie d’entreprise de la faculté de finance, banque, comptabilité de l’université Lille 2, où les étudiants peuvent suivre un master 2 (de spécialisation) dédié à la trésorerie. L’association s’est par ailleurs alliée à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour la création d’un master 2 en contrat d’apprentissage. Pour sa part, l’Institut de gestion de Rennes (université Rennes 1) propose depuis vingt ans un master finance trésorerie, une des premières formations créées en France pour ce métier. « Reconnu par l’AFTE, ce master est un diplôme unique en France, en formation initiale classique (master 1 et 2), qui associe formation académique et formation professionnelle avec de nombreux cours assurés par des professionnels et un stage de six mois en entreprise », décrit Marc Gaugain, responsable du programme. Illustration de la pluridisciplinarité des compétences requises chez les trésoriers, ce cursus affiche plusieurs partenariats avec des éditeurs de logiciels de gestion de trésorerie afin de permettre aux étudiants de maîtriser les outils informatiques. Dotés de ces bagages académiques, les trésoriers débutants n’ont pas de peine à s’insérer sur le marché de l’emploi : 85 % des étudiants de la promotion 2013 du master de l’Institut de gestion de Rennes ont trouvé un poste en moins de deux mois, et 98 % en moins de quatre mois. « Le micromarché des trésoriers n’a pas été en contraction pendant la crise. C’est un marché de renouvellement, ces techniciens sont souvent remplacés dans les entreprises lorsqu’ils quittent leurs postes », relève Johann Van Nieuwenhuyse, directeur senior au sein de la division finance & comptabilité de Michael Page.

Sur le front des rémunérations, aucune flambée salariale n’est à constater malgré la rareté de ces experts de la gestion des liquidités. Ainsi, selon l’étude de rémunérations 2014 de Robert Half, les trésoriers de cinq à dix ans d’expérience travaillant dans des entreprises au chiffre d’affaires inférieur à 500 millions d’euros affichent un salaire fixe brut annuel situé entre 45.000 euros et 56.000 euros. Les mêmes profils exerçant dans des groupes plus importants (entre 500 millions et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires), sont, eux, à un niveau de salaire annuel compris entre 55.000 euros et 70.000 euros. « Dans ce métier, nous avons environ une dizaine de missions de recrutement par an pour des entreprises au chiffre d’affaires d’au moins 500 millions d’euros », précise Fabrice Coudray. Pour les cabinets de recrutement, convaincre les trésoriers en poste de changer d’employeur n’est pas chose facile. « Les trésoriers sont plutôt fidèles à leur entreprise. Ils ne quittent pas leur entreprise en cours de projet, constate ainsi Johann Van Nieuwenhuyse. Ils sont évidemment sensibles aux opportunités salariales, mais ceux qui travaillent sur les problématiques de financement sont aussi très attentifs aux projets qu’on leur propose, ils aiment les défis. »

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