Eurazeo maintient une politique d’acquisition dynamique

le 04/09/2014 L'AGEFI Hebdo

La société se prépare à deux sorties en Bourse. Et attend de ses derniers investissements un rendement annuel moyen de 15 %.

La société d’investissement Eurazeo a bouclé le premier semestre sur une hausse sensible de sa valorisation sur un an : son actif net réévalué (ANR) par action a augmenté de 26,8 % à 70 euros (soit un portefeuille de participations évalué à 4,836 milliards d’euros), contre 55,2 euros au 30 juin 2013. Une croissance qui s’explique en grande partie par la forte progression de ses deux principaux actifs non cotés, Elis et Europcar (qui représenteraient plus de 40 % de l’ANR). « Deux sociétés sur lesquelles notre travail de transformation aura été particulièrement visible ce semestre », se félicite Patrick Sayer, le président d’Eurazeo.

Les deux participations, qui ont affiché de bonnes performances opérationnelles, vont continuer à mobiliser les équipes de la société d’investissement dans les mois à venir puisqu’elles devraient prochainement, si les marchés le permettent, faire leur entrée en Bourse. A l’automne pour le groupe de blanchisserie industrielle et début 2015 pour le loueur de véhicules. Eurazeo prévoit d’ores et déjà de « garder une exposition significative » et de « demeurer un actionnaire de référence » de ces deux entreprises.

Malgré la création de valeur attendue de ces deux opérations, la décote du titre par rapport à son ANR s’est creusée depuis le mois de mai, tout en restant similaire à celle de Wendel, sanctionné en Bourse à la suite de la publication de ses résultats semestriels. Elle se situe aux alentours de 30 % par rapport à l’ANR cible calculé par les analystes, sensiblement supérieur à celui déterminé par Eurazeo. Rien d’inhabituel, expliquent les analystes pendant que Patrick Sayer, jugeant « intolérable » cette situation (la décote atteint 43 % sur les actifs non cotés), promettait la semaine dernière à ses actionnaires (parmi lesquels figure Crédit Agricole à hauteur de 14,1 %) d’y remédier.

Il faut reconnaître que les résultats des six premiers mois sont au rendez-vous. Le  chiffre d’affaires économique, qui reflète l’activité cumulée de l’ensemble des participations détenues par Eurazeo progresse, à périmètre constant, de près de 5 % ce premier semestre à 2,5 milliards d’euros, grâce à un deuxième trimestre particulièrement dynamique. Le résultat opérationnel (Ebit) des sociétés consolidées en intégration globale (contrôlées par Eurazeo) a, lui, bondi de 21 % à 220 millions d’euros, traduisant « la bonne santé financière des sous-jacents et donc le potentiel de création de valeur pour la holding », explique Céline Chérubin, analyste actions chez Natixis.

En revanche, les analystes actions ne prêtent pas attention au résultat net négatif de près de 93 millions d’euros (contre un résultat positif de 329 millions l’an passé) qui n’influe aucunement sur la distribution du dividende. Il résulte surtout de la faiblesse des cessions observée sur les six premiers mois de l’année 2014 et de quelques éléments non récurrents tels que la perte de 40  millions d’euros enregistrée sur 3SP Group. Cet indicateur « n’a pas d’intérêt autre que comptable, il ne reflète pas la qualité de la société. Il faut regarder les résultats actif par actif », explique David Cerdan, analyste chez Kepler Cheuvreux.

Pépites

Eurazeo veille donc à conserver une politique d’acquisition active afin de dénicher toujours plus de pépites. Sur ce point, le début de l’année 2014 est resté particulièrement soutenu avec treize opérations, cinq au niveau de la holding et huit au niveau de ses participations, pour un montant de 580 millions d’euros. Virginie Morgon, la directrice des investissements d’Eurazeo, n’a pas manqué de présenter les nouveaux entrants, dont l’éditeur de jeux Asmodee et le groupe de prêt à porter Desigual, deux sociétés en forte croissance. De l’ensemble de ces nouvelles participations, Eurazeo « attend un doublement du chiffre d’affaires à moyen terme et un rendement annuel moyen au niveau de la holding de 15 % ». « Un semestre d’investissement », rappelle Philippe Audouin, le directeur financier d’Eurazeo.

La deuxième partie de l’année promet de ne rien laisser filer. « Toutes les énergies seront mobilisées à l’identification de nouvelles opportunités d’investissement. Nous avons les moyens de poursuivre cette stratégie », explique Virginie Morgon. En effet, Eurazeo disposait, au 18 août 2014, d’une trésorerie de 363 millions d’euros. La société d’investissement n’investit qu’en fonds propres. La holding n’est donc pas endettée contrairement à Wendel qui, pour retrouver les faveurs des agences de notation, a poursuivi sa cure d’amaigrissement. Son ratio d’endettement (loan to value) s’établit désormais en dessous des 30 %. Un bon point malgré des résultats semestriels décevants. 

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