Formations en finance

« E-learning » tous azimuts chez les acteurs de la finance

le 07/05/2015 L'AGEFI Hebdo

Grâce à ses avantages, cette forme d’apprentissage a su s’imposer dans les entreprises pour développer les compétences des salariés.

« E-learning » tous azimuts chez les acteurs de la finance
La classe virtuelle permet à un groupe de salariés de dialoguer et de poser des questions à un animateur par écrans interposés.
(Fotolia)

Chez Société Générale, l’apprentissage à distance représente aujourd’hui 10 % des actions de formation, « et nous avons pour objectif de tripler ce pourcentage d’ici à deux ans », dévoile Sylvie Blanchet-Vinatier, directrice de la formation et responsable de l’université corporate du groupe. Au cœur des stratégies menées par les établissements financiers, les catalogues d’e-learning figurent en bonne place. Ils sont généralement accessibles sur tous les supports (ordinateur, tablette et smartphone). Chez BPCE, on en dénombre près de 550. « Ces sessions durent en moyenne 20 à 30 minutes, explique Eric Depond, en charge de la formation professionnelle et managériale du groupe mutualiste. Elles portent le plus souvent sur les savoirs de base du métier, les produits, la réglementation bancaire, le management... »

Classes virtuelles

Les entreprises ont par ailleurs adopté les classes virtuelles. En 2014, quelque 10.000 collaborateurs de BPCE en ont suivi une. En 2017, ils devraient être 40.000. « Nous les utilisons en complément d’autres types de formation pour faciliter l’entraînement et l’appropriation, par exemple lors d’un lancement de produit, précise Eric Depond. Pendant une heure, par écrans interposés, une dizaine de personnes se trouvent face à un animateur pour dialoguer et poser des questions comme s’ils étaient physiquement présents. » Les classes virtuelles sont aussi beaucoup utilisées par LCL qui propose en outre à ses salariés d’échanger au sein de forums collaboratifs, comme le raconte Bernard Cuvillier, responsable de la formation de la banque : « A la différence d’une classe virtuelle qui se déroule à un instant T, un forum réunit une communauté dans laquelle les participants peuvent interagir n’importe quand, en posant une question, en livrant une expérience ou une mise en situation, les autres participants ayant la possibilité de réagir, compléter ou répondre. »

Autre format qui rencontre un franc succès : les « serious games », ou « jeux sérieux ». Chez Axa France, les 10.000 collaborateurs non commerciaux ont été invités l’an passé à participer à un jeu sur les nouveaux modes de relation client qui s’inspirait… des codes des séries télévisées ! « Pendant cinq semaines, ils pouvaient tous les jours jouer pendant cinq à dix minutes, détaille Eric Blanc-Chaudier, directeur de la formation d’Axa France. Au final, ce 'serious game' a littéralement fait le 'buzz' avec 5.000 collaborateurs qui se sont pris au jeu. Et il a alimenté nombre de conversations autour des machines à café... ». Les « Mooc » (massive open online courses) suscitent aussi de l’intérêt. Ce format très en vogue a la particularité d’exploiter toutes les modalités de l'e-learning : la vidéo, la documentation, les classes virtuelles, les forums, les quizz... « Le résultat des évaluations a montré qu’il y avait une appétence forte chez nos collaborateurs qui ont considéré cette expérience comme très riche en matière d’apprentissage », confie Sylvie Blanchet-Vinatier. Du coup, la direction de la formation a décidé d’en développer deux nouveaux sur les risques et la gestion de projet, « en sachant que nous sommes aussi en train d’en tester un troisième dans le domaine de la finance, en partenariat avec HEC », ajoute-t-elle.

Après s’être converties aux nouveaux formats d’apprentissage digital, les directions de la formation sont déjà passées à l’étape d’après : le « mix learning ». « Il y a quelques années, on avait tendance à opposer formation à distance et en présentiel, rappelle Bernard Cuvillier. Aujourd’hui, sur un même parcours, un module en e-learning sera déployé en amont pour que les participants acquièrent les connaissances de base, puis s’ajouteront une ou deux journées en présentiel pour travailler le comportemental. A l’issue de la formation, les participants seront invités à approfondir leurs connaissances via un module en e-learning, une classe virtuelle ou un forum collaboratif. » Si les établissements financiers investissent autant dans les formations en ligne, c’est évidemment parce qu’elles offrent beaucoup d’avantages. « Elles permettent d’abord de toucher potentiellement tous les salariés de manière rapide et uniforme », souligne Eric Blanc Chaudier. Les formations à distance ont aussi pour vertu d’être moins onéreuses que celles en présentiel grâce aux économies générées sur des frais annexes comme le transport, l’hébergement, la restauration... « Elles nous permettent de faire plus et mieux, avec des outils que nos collaborateurs utilisent tous les jours dans leur vie personnelle », conclut Sylvie Blanchet-Vinatier.

Classe virtuelle, 'serious game', Mooc, 'mix learning', ces formats rencontrent un grand succès

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