CNP Assurances s’installe à Issy-les-Moulineaux

le 02/12/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plus de 2.000 collaborateurs de l’assureur découvriront à partir du lundi 5 décembre le nouveau siège du groupe, à «énergie positive», situé dans le quartier Issy Cœur de Ville. Un déménagement qui rime avec nouvelle organisation du travail.

L’ancien siège de CNP Assurances, place Raoul Dautry à Paris-Montparnasse
L’ancien siège de CNP Assurances, place Raoul Dautry à Paris-Montparnasse, sera abandonné le 12 décembre par les 2.129 collaborateurs qui y travaillent.
(RK.)

Les salariés parisiens et arcueillais de CNP Assurances vont devoir prolonger un peu leur voyage sur la ligne 12 du métro. A partir du lundi 5 décembre, l’assureur, qui quitte son ancien siège social place Raoul Dautry à Paris-Montparnasse, accueillera ses salariés, dans son nouveau siège : un immeuble de 25.000 mètres carrés situé dans le quartier Issy Cœur de Ville d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Si la découverte s’effectuera dans un premier temps par demi-journée avec des groupes de 250 salariés maximum, le déménagement, qui a pris un peu de retard, sera pleinement effectif le 12 décembre. 

Annoncé en 2019, le projet comprend, en réalité, un ensemble de trois immeubles de bureaux commandés à Altarea Cogedim Entreprise et CDC Investissement Immobilier. Il a été construit sur l’ancien Centre national d'étude des télécommunications d'Orange. En parallèle, le groupe a vendu son ancien siège, qui datait des années 1970 et dans lequel il s’est installé au début des années 1990, à Altarea, qui devra réaliser des travaux importants.

Moitié moins de postes de travail
que de travailleurs 

Ce déménagement concerne les 2.129 collaborateurs de CNP Assurances qui travaillaient place Raoul Dautry mais aussi les 317 collaborateurs du site d’Arcueil, soit presque 75% des 3.309 salariés du groupe fin 2021, selon le bilan social 2021 du groupe, le solde restant basé à Angers (Maine-et-Loire). Dans le cadre de ce mouvement, l’organisation des bureaux va changer.  Adieu les espaces clos constitués de deux ou quatre places de bureaux et d’une fenêtre, bonjour « l’open space » et l’organisation en « flex office », sans bureau attitré et avec moins de postes que de collaborateurs grâce au télétravail. Depuis un accord relatif à la qualité de vie au travail (QVT) signé en juillet 2020, les salariés de CNP Assurances ont, déjà, un accès étendu au télétravail avec la possibilité de télétravailler jusqu’à trois jours par semaine. 70% des salariés concernés optent pour cette possibilité alors que les salariés de Montparnasse sont d'ailleurs en télétravail complet depuis novembre.

L’immeuble en question sera en mesure d’accueillir environ 1.200 collaborateurs à des postes de travail et la même quantité à «des places alternatives», comme des espaces salons ou des salles de réunion. Cela correspond un ratio de 0,56 réinstallé pour 1 existant auparavant à Montparnasse, légèrement en dessous du ratio moyen de 0,7 pratiqué pour de tels déménagements à l’heure actuelle, juge un bon connaisseur.  Les deux autres immeubles de bureaux qui composent le projet, plus petits, seront loués pour accueillir les équipes de La Banque Postale et l’un d’entre deux disposera d’un business center pouvant accueillir, par exemple, des formations. 

Normes environnementales
très strictes 

«Ce bâtiment est plutôt bien pensé et il répond très bien aux soucis actuels avec, notamment, des normes environnementales très strictes», estime un représentant CFDT de CNP Assurances. Le groupe, qui s’est engagé à diminuer de 30% entre 2022 et 2023 la consommation d’électricité de ses différents locaux en France, chiffre, sur le seul périmètre des locaux franciliens, la baisse prévue de la consommation d’électricité par rapport à la situation actuelle à 67%. L’immeuble répond d’ailleurs aux dernières normes environnementales et est à «énergie positive», c’est-à-dire qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Les organisations syndicales, qui saluent cette dimension écologique, s’inquiètent toutefois de quelques points, parmi lesquels le transport. En plus du rallongement du temps de trajet par rapport à Montparnasse, seules 200 places de parking seraient ainsi prévues pour les collaborateurs, en plus des 200 possibilités extérieures publiques de parking.

«Outre les problèmes de transport, l’évolution de l’organisation du travail inhérente à ce déménagement reste une problématique. Ce type d'organisation en flex-office ne semble pas optimum», pointe la CFDT. «Nous sommes dans l’attente de voir comment cela va fonctionner. Nous sommes perplexes sur la place disponible dans les locaux pour les collaborateurs», abonde un représentant de l’UNSA. Un moyen de remonter tous les dysfonctionnements sur les premiers mois pour trouver des solutions a été mis en place par le groupe, qui a déjà travaillé sur l’insonorisation.

NAO pour 2023

Ce déménagement n’empêche pas le dialogue social de battre son plein. Les négociations annuelles obligatoires pour 2023 (NAO), qui abordent principalement la question des rémunérations, ont bien commencé. Après trois premières réunions, la direction a proposé des hausses générales de salaire, en plus d’une enveloppe d’augmentations individuelles, de 2.000 euros pour les salaires allant jusqu’à 55.000 euros, de 1.800 euros pour les salaires entre 55.000 et 75.000 euros et de 1.500 euros pour les salaires entre 75.000 et 80.000 euros. «Cette proposition, quoi qu’intéressante, est insuffisante en raison de l’inflation qui grignote le porte-monnaie des salariés», juge la CFDT, tandis que l’UNSA estime qu’il est «nécessaire d’arriver à un compromis raisonnable pour tous » et milite pour «des augmentations générales sans seuils de salaires qui permettent un rattrapage de l’inflation». Deux autres réunions, mi-décembre et début janvier, sont prévues. D’ici là, les salariés auront pris possession du nouveau siège social. 

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