Natixis échappe à la crise russe

le 13/05/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque de grande clientèle de BPCE a passé une provision de 69 millions d’euros dans ses comptes du premier trimestre.

groupe BPCE
L’exposition directe à la Russie et à l’Ukraine du groupe BPCE reste, dans son ensemble, limitée à 808 millions d’euros.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a laissé Natixis quasiment indemne. La banque de grande clientèle de BPCE n’a passé au premier trimestre qu’une provision de 69 millions d’euros liées à des contreparties russes et ukrainiennes, contribuant à faire augmenter son coût du risque de 11,4%, à 56 pb.

L’exposition directe du groupe BPCE (nette de garantie) aux deux pays de l’Est reste, dans son ensemble, limitée, à 808 millions d’euros au 31 mars 2022 (dont 770 millions d’euros pour la Russie). «Dans cet environnement instable marqué par le risque géopolitique et la hausse des taux, nous maintenons une politique de provisionnement prudente», explique le directeur général du groupe Laurent Mignon.

Une exposition limitée

Outre la provision liée aux contreparties russes et ukrainiennes, BPCE a ainsi passé une provision additionnelle de 140 millions d’euros pour couvrir des risques futurs sur des encours de crédits de stages 1 et 2 (c’est-à-dire les plus sains). Son coût du risque ressort en baisse de 13,5% à 21 pb (soit 424 millions d’euros). Alors que la Société Générale a révisé la semaine dernière sa prévision à la hausse pour le coût du risque pour l’année 2022 à plus de 30 pb, du fait de son exposition à la Russie via Rosbank mais aussi son portefeuille offshore, BPCE estime de son côté que son coût du risque sera compris entre 20 et 25 pb.

Le résultat net de BPCE ressort en hausse de 43%, à 785 millions d’euros. Laurent Mignon a salué «la bonne performance de la banque de grande clientèle et de la gestion d’actifs, malgré la dégradation des conditions de marché». Le pôle Global Financial Services, qui regroupe désormais les activités de gestion de fortune, d’actifs et de banque de grande clientèle de Natixis, a vu son produit net bancaire progresser de 4,6%, à 1,7 milliard d’euros. Son résultat avant impôt est en légère baisse (-4,3%) à 430 millions d’euros. Comme ses pairs, la banque de grande clientèle a profité de la volatilité des marchés, en particulier sur les produits de change. Son PNB s’inscrit en hausse de 4,% à 971 millions d’euros. Natixis mise sur «une stratégie sélective», a souligné Nicolas Namias, directeur général de Global Financial Services. Dans les métiers actions, elle a notamment mis l’accent sur les dérivés, tandis que son activité de financement est orientée vers huit secteurs clefs, dont les infrastructures et le secteur énergétique. «Nous visons une trajectoire soutenable de croissance, sans volatilité», a-t-il ajouté. Natixis n’est donc pas un acteur du prime brokerage, comme BNP Paribas ou la Société Générale.

Hausse des rémunérations variables

La guerre des talents qui fait rage de part et d’autre de l’Atlantique est «un sujet réel», a précisé Nicolas Namias, l’arrivée des banques américaines à Paris étant «un aiguillon, mais pas le seul facteur». «Le phénomène est mondial», a-t-il ajouté, et conduit les banques à revoir les rémunérations «mais aussi les conditions et les espaces de travail». Contrairement à l’an dernier, Natixis anticipe un niveau de rémunération variable élevée, ce qui contribue à une dégradation de deux points du coefficient d’exploitation de la banque de grande clientèle. «Nous n’avions pas anticipé beaucoup de charges sur la rémunération variable au premier trimestre 2021 en raison de la crise, nous revenons à un niveau cohérent en 2022», a expliqué Laurent Mignon.

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