La crise sanitaire a bien profité aux arnaques financières

le 19/05/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

L’AMF, Autorité des marchés financiers, place de la Bourse à Paris.
(Photo DR.)

La petite entreprise de Laurent Chenot ne connait pas la crise, ce qui a le don d’irriter l’Autorité des marchés financiers (AMF). Dans le rapport de son médiateur pour l’année 2020, l’AMF dévoile que 60 plaintes, sur un total de 95, ont concerné cette seule et même personne. Souvent pudique lorsqu’il s’agit de publier le nom des personnes physiques mises en causes, l’Autorité n’a cette fois-ci pas hésité à mettre en garde contre les agissements de ce professionnel. Celui-ci « laissait penser qu’il était un expert de la finance et qu’il détenait les secrets permettant à n’importe qui de devenir riche rapidement », note l’AMF en expliquant par le menu en quoi consistait ce qu’elle considère comme étant une arnaque.

Les épargnants recevaient un mail les invitant à ouvrir un compte chez un trader et à suivre des recommandations d’investissement qui leur étaient fournies. Recommandations qui se sont révélées perdantes. Et si les saisines concernant ce « litige de masse » ont été jugées irrecevables par le médiateur, c’est parce qu’elles étaient « susceptibles de constituer une infraction pénale ».

Dans son rapport, l’AMF a aussi constaté que, outre les plaintes classiques liées au trading spéculatif, aux cryptoactifs et aux soi-disant «livrets», de nouveaux types d’escroqueries se sont développés. Des offres se référant à de fausses sociétés de gestion proposant des parts de SCPI ou de fonds se sont par exemple multipliées.

L’AMF constate aussi un phénomène inquiétant : les subterfuges utilisés ont tendance à se sophistiquer. Le rapport du médiateur explique ainsi que « les escrocs n’hésitaient plus à citer, dans leurs contrats frauduleux, la réglementation applicable en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme et sont même allés jusqu’à alerter l’épargnant sur les risques de courriels ou de sites internet suspects ». Les escrocs ont peut-être peur que d’autres prennent leur place.

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