La Société Générale songe à réorganiser ses activités de marchés

le 18/01/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque, qui a lancé jeudi un avertissement, envisagerait de fermer sa filiale de trading pour compte propre.

Société Générale à La Défense
Le modèle de la Société Générale repose en grande partie sur sa BFI.
(crédit : Pierre Chiquelin)

Les activités de marché des banques ne cessent de décevoir en ce début d’année. La Société Générale a prévenu jeudi dans un communiqué d’une baisse de 20% sur ses revenus dans ces métiers au quatrième trimestre. Cette chute s’établit à 10% sur l’ensemble de l’année 2018 par rapport à 2017, en raison de «l’environnement difficile sur les marchés de capitaux mondiaux», selon un communiqué.

En conséquence, comme sa rivale BNP Paribas, la Société Générale envisagerait de rationaliser ce pôle en clôturant notamment sa filiale de trading pour compte propre, Descartes Trading, selon les informations de Bloomberg. Le négoce pour compte propre, qui consiste pour une banque à investir sur les marchés pour son compte, et non celui de ses clients, est très controversé depuis la crise financière de 2008. Selon ses comptes publiés au Balo, Descartes Trading a dégagé 17,6 millions d'euros de profits en 2017 et 4,5 millions en 2016, pour 377 millions d’euros de fonds propres, soit 4,5% des fonds alloués par la banque aux activités de marchés et aux services d’investissement. Son bilan atteint 4,1 milliards. La Société Générale avait déjà fermé le desk hongkongais de Descartes Trading fin 2018, mais le département dispose encore de desk à Londres et à Paris.

Au-delà du compte propre, le modèle de la Société Générale repose en grande partie sur sa banque de financement et d’investissement (BFI). Sur les neuf premiers mois de 2018, le pôle banque de grande clientèle et solutions investisseurs a dégagé 1 milliard d'euros de résultat net sur les 3,2 milliards du groupe. Il pesait au troisième trimestre 37,5% des encours pondérés.

L’annonce d’une baisse des revenus de marchés est d’autant plus malvenue pour les investisseurs que la Société Générale a aussi prévenu qu’une charge exceptionnelle de 240 millions d’euros pèsera sur ses comptes au quatrième trimestre. Elle est liée à l’application de la norme comptable IFRS 5 sur les cessions en cours de finalisation comme celle de Société Générale Serbie, annoncée en décembre, et de la part dans La Banque Postale Financement.

L’action du groupe a clôturé en chute de 5,66%, à 28,50 euros, accusant la plus forte baisse du CAC 40. «Tout cela devrait relancer le débat sur la faible génération de capital de SG», écrivaient jeudi les analystes de Jefferies. Avec un ratio de prix sur actif net tangible inférieur à 0,5, la Société Générale est la plus décotée en Bourse des banques françaises.

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