Les efforts des assureurs pour développer les unités de comptes paient

le 26/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur les cinq premiers mois de l'année, la collecte nette sur les UC dépasse celle sur les fonds en euros dans un environnement de taux bas.

La volonté affichée des assureurs de dynamiser les unités de compte auprès de leurs souscripteurs se traduit dans les chiffres. Pour la première fois, la collecte nette en unités de compte dépasse celle en euros. Selon les données de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), elle atteint ainsi 5,8 milliards d'euros sur les cinq premiers mois de l'année, contre 4,9 milliards pour les fonds en euros.

La collecte nette globale s'élève donc à 10,7 milliards d'euros sur la même période, soit 1,4 milliard d'euros de plus que sur la période comparable de 2014. Sur l'ensemble du dernier exercice écoulé, la collecte nette avait totalisé 23 milliards d'euros, dont 16 milliards sur les fonds en euros et 7 milliards sur les UC. «Les Français ont compris qu'il fallait être prêt à accepter une certaine part de risque pour avoir plus de rendement», déclare Bernard Spitz, président de la FFSA. Le rendement moyen net de frais des UC s'établit à 5,9% en 2014.

De leur côté, certains assureurs ont délibérément mis l'accent sur les contrats en UC, générateurs de marge, au détriment des fonds en euros. D'après le dernier baromètre Facts & Figures, qui se base sur des données de 2013, BNP Paribas, Axa et Allianz se réservent 45% de la collecte en UC. Au premier trimestre 2015, les UC ont représenté 40% de la production chez Axa France, a confié récemment son PDG Nicolas Moreau aux Echos, poussés notamment par la mise en place de conventions de gestion pour les clients et de rendements bonifiés. Une approche fine du client est d'autant plus nécessaire que, vu le niveau élevé des marchés, les UC ne sont pas la panacée.

L'environnement de taux représente un défi pour les assureurs, à six mois seulement de l'entrée en vigueur de Solvabilité 2. «La remontée des taux constatée depuis un mois pourrait constituer une bonne nouvelle car leur maintien à des niveaux historiquement bas sur une période longue était handicapant sur la durée», souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne.

Les taux bas sont également très pénalisants au moment du lancement du nouveau contrat Eurocroissance qui combine sécurité du fonds en euros et dynamisme des UC. La FFSA estime toujours que les deux tiers du marché seront en mesure de proposer cette «offre alternative» à la fin de l'année. Des discussions sont en cours avec le Trésor autour d'un éventuel transfert de richesse entre fonds en euros et UC. Une piste pour renforcer l'attractivité du dispositif.

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