Bill Winters divise par deux le dividende chez Standard Chartered

le 06/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur fond de résultats semestriels en berne, l’économie réalisée sur le dividende permet à la banque de relever son ratio de capital.

Pour ses premiers résultats semestriels, le nouveau patron de Standard Chartered (StanChart), Bill Winters, n’a pas été gâté. Le dividende provisoire a été divisé par deux sur un an, à 14,4 cents par action, alors que le bénéfice avant impôts a chuté de 44% à 1,8 milliard de dollars.

Les marchés ont toutefois semblé valider la stratégie mise en place par la banque, qui a décidé de consacrer l’économie réalisée au redressement de son ratio de fonds propres. Le dividende de fin d’année sera lui aussi réduit de moitié. Après avoir gagné jusqu’à 6,5% dans les échanges avant-Bourse à Londres, l’action Standard Chartered a effacé ses gains au cours de la journée, terminant sur une légère progression de 0,22% à la clôture.

La consolidation des fonds propres de la banque de 80 points de base à 11,5% contre 10,7% à fin décembre a fait forte impression. «Il y a eu une amélioration significative du capital», explique Gary Greenwook, analyste chez Shore Capital, «cela réduit fortement la possibilité d’une augmentation de capital d’après nous, et nous pensons qu’il s’agit de l’élément décisif derrière la réaction positive de l’action à des résultats qui ne sont pas glorieux».

StanChart n’est pas pour autant sortie de ses difficultés. Bill Winters, qui a été nommé en juin après deux ans de baisse des profits et du cours de l’action, a prévenu lors de la présentation des résultats que la banque faisait encore face à «de très sérieux défis, mais pas insurmontables». Une décision définitive sur la nécessité ou non de procéder à une augmentation de capital sera prise après les stress-tests réalisés par la Banque d’Angleterre en décembre. Ceux-ci se concentreront sur l’exposition des banques aux marchés émergents et aux matières premières, où StanChart est historiquement très présente.

La banque britannique a déjà réduit son exposition aux commodities de 11% à 49 milliards de dollars, contre 62 milliards fin 2013. Pour relever le niveau de rentabilité des capitaux propres, descendu à 5,4% ce semestre contre 10,4% il y a un an, StanChart devrait poursuivre son plan de réduction des coûts. La banque a déjà supprimé 4.000 postes, soit 5% de ses effectifs, et compte réaliser plus de 400 millions de dollars d’économies cette année.

Pour Bill Winters, Standard Chartered dispose d’un fort potentiel : «malgré la pression subie par les marchés émergents, ceux-ci représentent indiscutablement une énorme opportunité sur le long terme».

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