Les banques italiennes entrevoient le bout du tunnel

le 11/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les provisions sur prêts sont orientées à la baisse au deuxième trimestre, tout comme le coût du risque, ce qui a fait rebondir les profits.

A l’instar du secteur européen dans son ensemble, les banques italiennes ont enregistré au deuxième trimestre une performance qui a été saluée par les marchés. Symbole de ce retour à meilleure fortune, encore illustré par les résultats supérieurs aux attentes de Banco Popolare publié lundi, Monte Paschi a enregistré son deuxième profit trimestriel consécutif, après avoir accumulé des pertes de 14,6 milliards d'euros sur les trois années précédentes.

«Le destin de Monte Paschi est inextricablement lié à l’évolution de l’économie italienne», rappellent les experts d’Exane BNP Paribas. La banque italienne, deux fois secourue par l’Etat, a enregistré au deuxième trimestre un profit de 121 millions d’euros. Ce dernier, certes soutenu par une plus-value de cession de 120 millions d’euros amoindrie par la réduction de voilure opérée par la direction, a néanmoins fait ressortir une baisse de 29,5% des provisions pour créances douteuses.

Grâce à la reprise, l’amélioration de la qualité des portefeuilles de prêts a été observée dans la plupart des établissements du très émietté secteur bancaire italien. «En raison de l’ampleur du stock de prêts problématiques, toute amélioration dans la qualité des actifs du secteur agit comme un dopant pour les actions», a souligné UBS en commentant les résultats de Banco Popolare, dont les provisions pour pertes ont baissé de 4% sur un an.

Egalement soutenue par ce phénomène, Intesa Sanpaolo a signé l’une des meilleures performances, avec un bénéfice net multiplié par quatre sur un an, à 940 millions d’euros. Outre le reflux des provisions pour créances douteuses, au plus bas depuis 2011, la banque a également engrangé une hausse de 14,6% des frais et commissions, dopés par sa division de gestion d’actifs et de fortune.

Si Intesa Sanpaolo a vu ses revenus augmenter de 4%, à 4,65 milliards d’euros, ces derniers ont en revanche baissé de 1% chez UniCredit, à 5,74 milliards d’euros. Malgré la baisse du coût du risque, la banque, qui revoit actuellement sa stratégie, n’a pas réussi à compenser le repli de 4,4% de ses revenus d’intérêts, lié au faible niveau des taux. Le rebond de 2% du bénéfice a néanmoins propulsé son ratio CET1 à 10,37%, ce qui a pour l'heure éloigné la perspective d'une augmentation de capital.

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