Les banques détruisent de l'emploi en France

le 29/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur le périmètre des banques adhérentes de l’AFB, les effectifs ont baissé de 1,4%, à 200.500 postes, après un repli de 2,4% en 2013.

Les banques détruisent de l'emploi en France

Les mutations auxquelles est confrontée la banque de détail pèsent sur l’emploi. Selon les indicateurs avancés d'évolution de l’Acoss, obtenus par L’Agefi, les effectifs du secteur ont encore diminué de 1% en France l’an dernier, après des baisses respectives de 1,6% et 1,3% en 2013 et 2012. Soit environ 3.700 postes de moins dans la profession, qui pâtit également de l’écrasement de ses marges d’intérêts lié au contexte de taux très bas.

Sur le périmètre AFB (hors mutualistes), les effectifs globaux en France ont baissé de 1,4%, à 200.500, après -2,4% en 2013, selon le rapport 2015 présenté jeudi dernier lors de la Commission paritaire des adhérents de l'Association françaises des banques, et que L'Agefi a pu lire.

«La baisse des effectifs dans les réseaux bancaires est une réalité depuis cinq ou six ans qui a été masquée pendant quelques années après la crise par les recrutements dans les fonctions support, liés à la déontologie, le contrôle interne et la mise en œuvre de Bâle 3», rappelle Régis Dos Santos, le président du SNB CFE-CGC. «On ne peut pas nier la digitalisation de la banque et l’évolution des canaux de communication», ajoute-t-il.

Si les chiffres définitifs devraient être présentés dans les prochains jours par la FBF, le rapport souligne une augmentation sensible des populations de cadres. De 57,7% en 2014, après 56,2% en 2013 et 54,9% en 2012, la proportion dans les effectifs «s’explique notamment par un niveau de qualification plus élevé à l’embauche». «Actuellement le défi c’est le changement de type de métier, avec moins de postes d’accueil par exemple dans les agences et le changement de compétence demandé pour les commerciaux», relève Chantal Marchand, la secrétaire fédérale CFDT des banques. Sur le périmètre AFB, où les embauches ont totalisé plus de 15.500 postes l’an dernier, la part des forces de vente a chuté de 59,1% à 55,8%, tandis que celle des responsables dédiés à l’informatique, l’organisation ou la qualité a augmenté de 4,9% à 7,2%.

Ce changement de paradigme est pour l’heure géré sans trop de secousses sociales, de nombreux départs, notamment à la retraite, étant intervenus en 2013-2014, note le rapport. La part des plus de 45 ans a ainsi baissé à 41,7% en 2014, contre 43,8% en 2012. «Le numérique arrive plus vite et plus fort [que l’informatisation de la banque mais] pour le moment la pyramide des âges permet de gérer cela en douceur», constate Chantal Marchand.

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