Les salariés de Coface Garanties Publiques s’inquiètent pour leur avenir

le 07/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les syndicats représentant les 350 salariés de l’assureur-crédit en charge des garanties publiques attendent la décision de Bercy sur leur éventuel transfert.

Alors que le gouvernement a indiqué le 23 février avoir entamé une réflexion sur un éventuel transfert à Bpifrance de la gestion des garanties publiques à l’export effectuée depuis 1946 par Coface, les principales organisations syndicales de l’assureur-crédit s’interrogent sur les conséquences du projet pour les salariés. L’incertitude sur l’issue du projet avait également inquiété les investisseurs car à son annonce, le titre Coface, introduit en bourse fin juin, avant perdu 6,13 %.

Les syndicats CFDT, CFE-CGC, CGT et FO espèrent être reçus par Bercy en avril et aimeraient être fixés sur l’état d’avancement des réflexions et leur teneur. Ce sont plus de 300 salariés travaillant actuellement aux garanties publiques qui sont concernés et devraient partir chez Bpifrance si l’activité y est transférée. 200 salariés travaillent à la Direction des garanties publiques, et 100 à 150 salariés occupent des fonctions support qui y sont rattachés.

Les syndicats s’interrogent sur les statuts, les conditions de travail et le devenir à terme des salariés qui partiraient chez Bpifrance, mais aussi des salariés demeurant chez Coface. Selon eux, la perte de la mission historique de gestion des Garanties Publiques fait en effet courir à l’assureur crédit un risque d’image qui pourrait déstabiliser l’activité. «Les organisations syndicales sont unanimement convaincues que les approches actuelles de ce dossier vont à l’encontre des intérêts de l’ensemble des acteurs du commerce extérieur, mais aussi du personnel de Coface dont l’expertise acquise s’enrichit des métiers de l’assurance-crédit tant de Coface privée que de Coface publique», estiment-ils.

L’impact financier direct du transfert d’activité serait modeste puisqu’au titre de cette mission, Coface perçoit une rémunération qui s’est élevée à 59,9 millions d’euros en 2014, représentant 4,2 % de son chiffre d’affaires. La compensation financière que Coface devrait recevoir si la mission lui était retirée pourrait en revanche atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon les syndicats.

Bercy avait indiqué fin février sa volonté d’arrêter «le schéma cible» d’ici fin 2015 «pour une mise en place rapide» du nouveau dispositif. De fait, la mission de service public effectuée par Coface est reconduite tous les quatre ans par la signature d’une convention et le dernier accord en date s’achève à la fin de l’année.

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