Les banques défendent leurs modèles internes face au Comité de Bâle

le 31/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les lobbies du secteur ont répondu au projet du régulateur, qui propose de relever l'exigence minimale de capital face aux encours pondérés par le risque.

William Coen, le secrétaire général du Comité de Bâle, a promis dans le FT «la lumière au bout du tunnel» en matière de réformes bancaires liées à la crise de 2007-2008. Les lobbies du secteur sont tout prêts à le prendre au mot, notamment sur la question, toujours en chantier, des modèles standards et internes de calcul des risques pondérés. L’IIF, le CRE Finance Council, la GFMA et l’Isda, qui rassemblent les principales institutions financières mondiales, lui ont écrit en ce sens le 27 mars, en répondant à la consultation du Comité de Bâle sur la réforme des modèles standards et internes qui s’achevait vendredi dernier.

Les régulateurs bancaires ont publié fin décembre deux projets de réforme du calcul des encours de risques pondérés (RWA). Le premier institue un «floor», un plancher garantissant que l’exigence de fonds propres, calculée selon les modèles internes des banques, ne tombe pas sous un certain seuil. Dans l’idée des régulateurs, les divergences constatées entre banques dans le traitement du même type d’exposition serait ainsi gommées. Le second texte toilette le calcul du modèle standard, moins élaboré, et appliqué par exemple en France par La Banque Postale.

Corriger les défauts des modèles actuels «ne doit pas conduire à réécrire ou à bouleverser de fond en comble Bâle 3», soulignent les banques dans leur courrier, en appelant plus largement à «une revue complète de toutes les composantes des travaux du Comité» et de leurs effets sur le financement de l’économie.

S’agissant des modèles internes, «les floors ne sont pas cohérents avec les objectifs de sensibilité au risque, de simplicité et de comparabilité». Les signataires craignent qu’avec un plancher trop haut, «une banque pourrait à raison contester la valeur ajoutée de modèles internes validés par le superviseur». Elle n’aurait donc plus de raison économique d’investir dans des modèles synonymes de meilleure appréciation des risques. «On ne peut exclure que toutes les banques ne soient pas soumises au même ratio ou standard, en raison de divergences d’application au niveau national», ajoute le courrier.

Les représentants des banques regrettent enfin que la consultation du Comité de Bâle fasse l’impasse, à ce stade, sur le calibrage souhaité des futurs «floors». Les régulateurs souhaitent publier une deuxième consultation plus complète sur le sujet d’ici à fin 2015.

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