Coface pourrait perdre la gestion des garanties publiques à l’export

le 24/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La convention avec l'Etat, qui prend fin en décembre 2015, a permis à l’assureur-crédit d'engranger près de 60 millions d'euros de revenus en 2014.

Retour à la case départ pour l’action Coface. Le titre de l’assureur-crédit, qui affichait encore mi-février une hausse de 14,5% par rapport à son cours d’introduction en Bourse, en juin dernier, a abandonné quasiment tous ses gains en moins d’une semaine. Outre des résultats jugés mercredi dernier un peu ternes par les analystes, Coface a surtout pâti hier de l’annonce du gouvernement français, qui étudie «la possibilité de transférer au groupe Bpifrance l’activité de gestion des garanties publiques, aujourd’hui réalisée par Coface». L'action a plongé de 6,13% à 10,63 euros.

Si une remise en cause du partenariat n’est en elle-même pas surprenante, et était déjà évoquée à l’époque de la naissance de Bpifrance en 2012, elle mettrait fin à une aventure de près de 70 ans pour le groupe, né en 1946 pour promouvoir le développement à l’international des entreprises françaises.

Privatisé en 1994, avant son acquisition par Natixis en 2002, Coface avait néanmoins conservé, en échange d’une rémunération fixée par convention, la gestion des garanties publiques. L’ensemble des flux financiers (primes, indemnités, reversements) fait l’objet d’un enregistrement comptable distinct dans les comptes de Coface, tandis que les risques sont pris en charge par l’État. Signé en février 2012, le dernier accord régissant le partenariat prend fin en décembre 2015. Il a généré des revenus de 59,9 millions d’euros l’an dernier, soit environ 4,2% de l’ensemble du chiffre d’affaires de Coface.

«Une remise en cause de la gestion de ces garanties par Coface supprimerait de nombreuses synergies, dans la mesure où ce modèle permet à la fois à l'Etat et à l’assureur-crédit de tirer un bénéfice commun du partage des compétences, des investissements et des coûts mutualisables entre les deux branches de l’activité», défend une porte-parole de Coface à L’Agefi.

Si pour l’heure rien n’est encore acté, Bercy a de son côté souligné sa volonté d’arrêter le «schéma cible» d'ici à la fin 2015, pour «une mise en œuvre rapide». Ce chantier, qui s’inscrit dans une volonté de refonte globale des procédures de soutien à l’export autour de Bpifrance, pourrait contribuer à faire renaître l’exception française en la matière à l’échelle européenne. La stimulation des aides à l’export est en effet réalisée par des groupes d’assurance-crédit privés aussi bien en Allemagne (Euler Hermes), en Italie (Sace), qu’aux Pays-Bas (Atradius) ou en Espagne (Cesce).

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