Les mutuelles santé accèdent aux fonds de prêts à l'économie

le 24/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La parution du décret qui élargit également le dispositif aux institutions de prévoyance est attendue sous peu.

Les fonds de prêts à l’économie devraient pouvoir attirer prochainement de nouveaux investisseurs. Après un examen en conseil d’Etat la semaine dernière, la parution du décret élargissant leur accès aux mutuelles de santé et aux institutions de prévoyance est attendue sous peu par les professionnels. Elle devrait aussi être l’occasion de faciliter le financement d'infrastructures par les fonds de prêts.

Depuis l’été 2013, les assureurs et les mutuelles régis par le Code des assurances peuvent investir dans ces véhicules censés faciliter le financement désintermédié des entreprises. Une consultation a été lancée au printemps dernier pour élargir le dispositif aux institutions relevant du Code de la mutualité et de la Sécurité sociale. «On a pu noter une certaine appétence de la part tant des mutuelles que des asset managers sur ces produits»,explique Frédérick Lacroix, avocat chez Clifford Chance.

«Les montants susceptibles d’être investis par ces entreprises [nouvellement éligibles] sont significativement moindres que les montants potentiellement investis par les assureurs», nuance Thibault de Saint Priest, PDG d’Acofi Gestion. Ces nouveaux investisseurs «seront présents mais cela ne va représenter qu’une diversification pour eux, car les fonds de prêts, c’est du buy and hold», explique Hervé Goigoux-Becker, directeur adjoint des gestions chez OFI AM. Il espère cependant en convaincre quelques-uns avant son prochain «closing». Contrairement aux assureurs, les nouveaux investisseurs éligibles aux fonds de prêts ne pourront pas octroyer directement des concours.

Les professionnels attendent aussi que le dispositif des fonds de prêts soit élargi pour tous les investisseurs à d’autres classes d’actifs et notamment aux holdings. «C’est une très bonne chose pour tout ce qui est financement d’infrastructures ou d’immobilier», explique Arthur Chabrol, associé chez EY. «C’est une somme de détails qui avaient été un peu oubliés ou omis dans la première vague de réforme de l’an dernier. Ce sont des détails importants qui permettent de donner de la profondeur aux financements éligibles», résume-t-il à propos des nouveaux aménagements. Ceux-ci devraient par exemple permettre de réaliser des investissements qui nécessitent de conclure des contrats de couverture de change.

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