Natixis raccourcit l'échéance pour une acquisition dans la gestion d'actifs

le 19/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si le groupe n'engage pas d'ici à février un projet de croissance externe avancé, il restituera son excédent de fonds propres aux actionnaires.

Natixis se laisse moins de trois mois pour un projet d’acquisition. Photo DR.

Entre la gestion d’actifs et ses actionnaires, Natixis se prépare à choisir vite. Lors d’une rencontre avec les investisseurs organisée par Oddo Securities, les dirigeants de la banque ont indiqué qu’ils restitueraient aux actionnaires l’intégralité de l'excédent de fonds propres s’ils ne trouvaient pas une belle opportunité de croissance externe dans l’asset management d’ici à la publication des résultats annuels. Interrogé par L’Agefi, Natixis confirme l’information.

«Les fonds propres excédentaires atteignent 1,2 milliard d’euros à fin septembre 2014. Ce montant s’entend après un dividende égal à 50% des résultats [et] représente environ 0,40 euro par action», notent les analystes actions d’Oddo. Ils estiment qu’à bilan stable (par les risques pondérés) et à taux de distribution égal (50%), Natixis est capable d’engendrer entre 0,6 et 0,8 milliard d’euros de capitaux chaque année. Le retour partiel ou total de l'excédent au titre de 2014 pourrait se faire à la fois par une hausse du dividende en cash et par des rachats d’action. BPCE, actionnaire à 71,5%, en serait le premier bénéficiaire.

Sachant que les comptes du quatrième trimestre 2014 doivent être approuvés le 18 février prochain, Natixis se laisse donc un peu moins de trois mois pour arriver à un projet d’acquisition suffisamment avancé. Le renforcement du pôle épargne à travers des rachats ciblés ou la création de joint-ventures en gestion d’actifs est l’un des axes du plan stratégique 2017 dévoilé il y a un an. Celui-ci mentionnait une enveloppe de 1,5 milliard d’euros pour la croissance externe sur la période. Natixis viserait en priorité un gérant actions européennes, susceptible de s’intégrer à ses processus de contrôle et de distribution, et à un prix raisonnable. «Cela semble limiter le nombre de candidats potentiels à seulement cinq cibles au plus. Nous comprenons que des discussions sont ouvertes sans pour autant que leur avancement permette d’anticiper une conclusion favorable dans les mois qui viennent», indiquent les analystes d’Oddo.

Le nom de Natixis a notamment circulé comme candidat potentiel au rachat de DNCA Finance. Le fonds TA Associates a mandaté Credit Suisse pour céder sa part de 50% au capital de la boutique actions, qui gérait 15 milliards d’euros à fin septembre. Dans un entretien à L’Agefi, Eric Franc, le nouveau DG de DNCA et ancien de Banque Privée 1818 (et donc de Natixis), avait dit préférer un repreneur industriel à un fonds.

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