La BCE recale 25 banques de taille moyenne

le 27/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hormis MPS, aucun gros prêteur n'a raté les stress tests. Les capitaux qui restent à lever sont limités

La Banque centrale européenne. Photo Bloomberg.

Pas de bain de sang à attendre ce matin à l’ouverture des marchés. La BCE a annoncé hier que 25 banques de la zone euro sur 130 avaient échoué à l’examen global de leur situation à fin 2013, un niveau conforme aux anticipations des analystes, et faisant ressortir un manque en capital de 24,6 milliards d’euros. Mais en tenant compte des efforts réalisés depuis, le vrai montant de capitaux à lever est inférieur à 7 milliards d’euros dans la région. Et hormis MPS, trop court de 2,1 milliards, tous les gros prêteurs de la zone euro ont réussi l’examen.

Pendant près d’un an d’un exercice inédit, le «comprehensive assessment», la BCE a passé en revue les bilans à fin 2013 des plus gros établissements dont elle assurera le 4 novembre la supervision directe. L’Autorité bancaire européenne (EBA) s’est basée sur cet AQR (asset quality review) pour mener des tests de résistance. Les banques devaient afficher un ratio common equity tier 1 (CET1) de 5,5% à fin 2016 selon le scénario adverse. Le périmètre de la BCE et de l’EBA diffère légèrement: la seconde a ainsi testé les banques britanniques, qui n’ont pas été soumises à l’AQR.

Au total, la BCE a estimé que la valeur des actifs des banques devait être ajustée à la baisse de 48 milliards d'euros. Le montant global des portefeuilles de prêts douteux, dont les définitions ont été harmonisées pour l’occasion, a été relevé de 136 milliards, à 879 milliards d’euros.

Les tests n’ont pas fait apparaître de grosses surprises. Ils confirment que l’Italie, avec 9 cas litigieux sur 25, constitue le maillon faible du secteur, avec Chypre et la Grèce, deux pays où des plans d’aide sont en cours. Les banques françaises, à l’exception de la CRH, ont passé l’examen haut la main. En Allemagne, où la santé des banques régionales nourrissait des doutes, un seul prêteur sur 25, Münchener Hypo, a raté le test mais a régularisé sa situation depuis. Commerzbank (avec un CET 1 de 8%) et l’autrichienne Erste (7,6%), qui passaient pour mauvais élèves, ont largement réussi.

A fin septembre, 13 des 25 banques devaient encore lever 9,47 milliards. Mais en écartant deux établissements slovènes et deux grecs, couverts par des plans de soutien spécifiques, ainsi que Dexia, désormais gérée en extinction, seule une poignée de banques devra réaliser un gros effort: Monte dei Paschi (2,1 milliards d’euros de déficit en capital), Carige (0,81 milliard), et l’irlandais Permanent TSB (0,85 milliard). Des montants qui ne sont pas de nature à déstabiliser les marchés en zone euro. Le portugais BCP, court de 1,15 milliard, a déclaré hier avoir déjà couvert ses besoins avec des mesures non prises en compte par la BCE. Il a écarté de ce fait une cession de sa filiale polonaise.

«Le comprehensive assessment est déjà un succès : de par sa crédibilité en termes de gouvernance et de méthodologie (du moins relativement à l’exercice de 2011) aux yeux des banques, il a forcé les plus fragiles d’entre-elles à mettre en œuvre des plans de recapitalisation, de cessions d’actifs et à provisionner de manière plus conservatrice leurs actifs risqués», estiment les analystes de Natixis.

Un bémol toutefois: les tests ont été menés sur la base de CET1 transitoires (en non «fully loaded» sous Bâle3) qui autorisent des arrangements avec les superviseurs nationaux. Selon les calculs des analystes de SG, 36 banques auraient raté les tests en mode «fully loaded». Et quant à savoir si l’exercice permettra de relancer le crédit en zone euro, les avis sont pour le moins partagés.

A lire aussi