Le nouveau patron d'Allianz va devoir remettre Pimco sur les rails

le 03/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Oliver Baete prendra la relève de Michael Diekmann en mai 2015. Membre du directoire depuis 2008, il peut faire valoir une solide expérience.

Oliver Baete sera-t-il l'homme de la situation ? Membre du directoire d'Allianz depuis 2008, en charge de l'assurance en Europe occidentale et méridionale, cet ancien responsable de McKinsey tiendra à compter du mois de mai prochain les rênes de l'assureur allemand. Le président actuel, Michael Diekmann, qui se voyait bien rempiler pour un nouveau mandat à la fin de l'année, est poussé vers la sortie sous le prétexte de la limite d'âge (60 ans). 

Le groupe a par ailleurs annoncé l'arrivée en début d'année prochaine de Sergio Balbinot, en provenance de Generali, pour reprendre le portefeuille d'Oliver Baete.

Cette désignation par le conseil de surveillance intervient dans un contexte qui est loin d'être anodin, une semaine après l'annonce du départ de Bill Gross de Pimco, la société de gestion qu'Allianz détient depuis 2000. Cette démission inopinée a aggravé un mouvement de défiance des investisseurs déjà perceptible depuis plusieurs mois. Le fonds étendard de Pimco, Total Return Fund, a vu son total d'actifs nets fondre de 10% sur le mois de septembre, selon les données de Morningstar. Les sorties de capitaux ont atteint 23,5 milliards de dollars le mois dernier, avec un pic observé le 26 septembre, jour de la révélation du départ de Bill Gross.

«Le premier défi pour le nouveau CEO sera de remettre Pimco sur les rails et de juguler les retraits de capitaux», observe Werner Schirmer, analyste pour le compte de Landesbank Baden-Württemberg. Une tâche difficile, reconnaît-il, compte tenu de la longue tradition d'indépendance cultivée par le gérant de Newport Beach. Pimco fournissant à Allianz un quart de son résultat opérationnel, les déboires de la société inquiètent les grands actionnaires de l'assureur, parmi lesquels figure BlackRock.

Pimco n'est pas le seul problème qui précoccupe Allianz à l'heure actuelle. L'assureur doit aussi composer avec des investisseurs, dont le gérant allemand Union Investment, qui réclament une distribution plus élevée de ses bénéfices sous forme de dividende que les 40% habituellement pratiqués. A son crédit, Oliver Baete peut compter sur une très bonne connaissance des rouages du groupe et de solides compétences techniques acquises au cours de ses multiples fonctions, comme directeur financier et des risques, ou directeur des opérations.

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