Caixabank tire parti en Espagne des cessions d’actifs de Barclays

le 01/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque britannique cède pour 800 millions d’euros environ la majeure partie de ses activités dans le pays

Caixabank passe à l’offensive grâce à la cure de rigueur consentie par Barclays. Déjà numéro un de la banque de détail en Espagne, avec un réseau de 5.700 agences environ, contre 4.000 pour Santander et 3.200 pour BBVA, la banque espagnole met en effet la main sur le réseau local de la britannique, fort de 260 agences et regroupant quelque 550.000 clients. Une opération dévoilée hier soir séparément par les deux parties.

Barclays poursuit ainsi la cession d’actifs jugés non stratégiques, conformément à ses promesses. La banque a d'ailleurs également indiqué hier avoir finalisé la vente de sa banque de détail aux Emirats arabes unis à Abu Dhabi Islamic Bank. Le directeur général de Barclays, Antony Jenkins, s’est félicité de pouvoir ainsi poursuivre la réorganisation de son groupe vers davantage de création de valeur durable pour les actionnaires. La banque a créé cette année une structure destinée au délestage d’actifs représentant 115 milliards de livres d’actifs, l’équivalent de 145 milliards d’euros.

La transaction espagnole annoncée hier concerne les activités de banque de détail, d’entreprise et de gestion de fortune. Elle exclut ainsi celles de cartes de crédit Barclaycard et de banque d’investissement. Le montant de l’opération s’élève à 800 millions d’euros, soumis à ajustement en fonction de la valeur d’actif net au 31 décembre prochain.

L’offensive de Caixabank, conseillée pour l’occasion par Morgan Stanley, confirme les espoirs placés dans le redressement économique espagnol, quelques semaines seulement après l’annonce de l’acquisition de Catalunya Banc par BBVA. Comme l’a souligné Antony Jenkins, les activités rachetées par Caixabank auront désormais «bien davantage l’opportunité de grandir et de prospérer». L’acquéreur se félicite de pouvoir engranger un portefeuille de qualité, comprenant selon une source proche citée par le Financial Times une «part importante» de clients aisés dont les dépôts dépassent le seuil des 100.000 euros. Déjà, le directeur général de Caixabank, Gonzalo Gortazar, se fait fort de pouvoir grâce à l’opération accélérer la croissance organique de ses activités sur fond d’une amélioration du contexte économique. Et Antony Jenkins de rappeler que des activités pouvant apparaître non stratégiques pour certains pouvaient se révéler objectivement très attrayantes pour d’autres.

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