RBS se rapproche d’une privatisation

le 28/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Portée par des résultats meilleurs qu'attendu, l'action de la banque n'est plus très loin du prix de revient à 410 pence par titre dans les comptes de l'Etat

RBS a surpris vendredi dernier en publiant ses résultats semestriels une semaine avant la date prévue. Directeur général du groupe depuis octobre 2013, Ross McEwan a justifié l’avancée de la publication par des résultats meilleurs qu’attendu par les analystes financiers. 

Conséquence d’une amélioration de l’économie britannique et d’une baisse des provisions pour dépréciations, le prêteur est parvenu à dégager des bénéfices imposables semestriels de 2,65 milliards de livres, comparé à 1,37 milliard une année auparavant tandis que ses bénéfices d’exploitation bondissaient sur la même période de 708 millions à 2,6 milliards de livres.

La bonne tenue des résultats a permis à la banque d’afficher un renforcement de son ratio de capital, à 10,1% à fin juin comparé à 9,4% de janvier à mars. Face à cette série de bons indicateurs, l’action de RBS clôturait en hausse de 10,77% à 364,20 pence, après avoir pris jusqu’à 14% au cours de la journée.

Si l’action reste toujours 25% au-dessous de son prix d’achat lors du sauvetage de l’Etat à hauteur de 45 milliards de livres en 2008 - soit une moyenne de 500 pence par action - elle se rapproche néanmoins du seuil de rentabilité de 410 pence que s’est fixé le gouvernement britannique après avoir déprécié ses titres. Ross McEwan a souligné que la «reprivatisation de la banque», encore détenue à hauteur de 81% par l’Etat, reste entre les mains du gouvernement : «nous sommes en train de créer une très bonne banque si bien que quel que soit le moment où le gouvernement décide de vendre une partie ou la totalité de l’entreprise, nous sommes prêts».

Un certain nombre d’obstacles demeurent. Ross McEwan a averti que les problèmes hérités du passé allaient continuer à affecter les bénéfices à venir. Au cours du semestre, la banque a encore dû passer une provision de 250 millions de livres pour couvrir les coûts des scandales des PPI et des swaps de taux d’intérêt. Le plus gros obstacle semble néanmoins provenir de la proximité des élections générales de mai 2015.

Après la perte de plus de 8 milliards de livres enregistrée par RBS en 2013, Londres avait écarté la probabilité d’une vente d’ici à mai prochain et des sources évoquaient une période de trois à cinq ans avant le début d’un retour au privé. Alors que la dénationalisation de Lloyds Banking Group a déjà commencé, la publication des bons semestriels de RBS pourrait néanmoins accélérer la reprivatisation de la banque.

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